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Brochure réalisée par le Centre d'Etudes et de Recherches en Médecine du Trafic - page 18 / 36

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du groupe lourd. En cas de dépendance forte avec signes de dépendance physique, témoignant d'une alcoolisation régulière, une incompatibilité peut être prononcée pendant une période de durée suffisante pour obtenir une capacité médicale compatible avec les exigences de la sécurité routière.

Pour les permis du groupe lourd, cette période d'incompatibilité peut aller jusqu'à dix-huit mois avant de ré-autoriser la conduite. Une réévaluation par la commission médicale est obligatoire au bout d'un an. Si l'abstention totale de consommation d'alcool est constatée au vu des éléments médicaux présentés, dont un avis spécialisé obligatoire : une aptitude temporaire (période d'observation) de six mois peut être décidée, renouvelable pendant trois ans. Ultérieurement, la périodicité des visites médicales sera modulée avec raccourcissement des échéances à l'appréciation de la commission médicale. Une incompatibilité est généralement prononcée pour les véhicules des catégories D, E (C), E (D). Les risques additionnels liés aux conditions de travail sont envisagés avec la plus extrême prudence.

  • Recommandations :

La consommation d'alcool reste un problème difficile à aborder, la notion de " normalité " étant très subjective et les patients admettant mal l'intervention du médecin dans ce domaine. Si la prise en charge des patients ayant eu des problèmes d'alcool au volant est traitée plus loin, il reste nécessaire de savoir quels outils utiliser pour reconnaître une consommation à risque ou une dépendance chez un patient sans antécédents de sanction. Les questionnaires type DETA-CAGE, les questions sur les modes de consommation permettent de se faire une idée, mais un test utile consiste à mettre en place un sevrage d'essai d'une dizaine de jour, par exemple à l'occasion d'un bilan sanguin de santé, et d'observer avec le patient les difficultés qui pourraient se présenter. Une impossibilité ou une difficulté à réaliser ce sevrage court permet sou- vent d'entamer le dialogue avec le patient. L'utilisation des marqueurs biologiques est utile pour préparer le renouvellement périodique des permis chez les conducteurs du groupe lourd. Les Gamma GT conservent un faible intérêt du fait de leur manque de spécificité. Le dosage du CDT est plus fiable dans la détermination réelle de la consommation d'alcool. Certains reprochent à ce dosage de varier rapidement en cas de chute de la consommation mais cette évolution reflète justement la capacité du sujet à stopper temporairement sa consommation. Le VGM et les transaminases n'ont plus lieu d'être utilisé dans ce contexte. Le couplage Gamma GT et CDT permet dans la majorité des cas de se faire une opinion sur l'état de la consommation usuelle d'alcool.

Consommation régulière ou dépendance aux drogues, mesusage de médicaments

Bien que le texte de l'arrêté soit peu précis sur la distinction entre produits illicites et médicaments détournés de leur usage, on peut distinguer, selon leurs effets cliniques: Les produits sédatifs : opiacés, tranquillisants et somnifères, à fort pouvoir addictogène.

Les produits stimulants : cocaïne, amphétamines, à faible pouvoir addictogène, Les produits psychodysleptiques : cannabis à net pouvoir addictogène, LSD, autres hallucinogènes, à faible pouvoir addictogène. L'action de ces produits sur la capacité de conduite et sur le comportement au volant varie naturel- lement selon les produits et leur pharmacocinétique mais une certitude existe aujourd'hui chez tous les spécialistes : Il n'y a pas de drogues douces au volant et les facteurs de risque liés à leur consom- mation par les conducteurs est équivalent au minimum à un taux d'alcoolémie de 0.50 g/l, c'est à dire au taux légal d'alcoolémie en France.

Depuis une dizaine d'années, de nouveaux problèmes se posent :

  • Un usage massif de cannabis, à des doses et à des fréquences d'utilisation posant de réels problèmes d'aptitude au volant, avec parfois jusqu'à 5 à 7 ans de consommation avant le passage du permis de conduire chez les jeunes.

  • Le développement des traitements de substitution, avec un problème de réinsertion sociale incluant l'aptitude à la conduite y compris parfois du groupe lourd, ceci alors que plus de la moitié des sujets prenant de tels traitements continuent de prendre d'autres drogues, et alors qu'aucun " contrat thérapeutique " n'est mis en place réglementairement, assorti de dépistages réguliers vis-à-vis des autres drogues. La banalisation de l'usage des drogues amenant un glissement de la consommation depuis les populations " inactives ", vers des consommateurs actifs, travaillant, et conduisant y compris à titre professionnel.

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