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Brochure réalisée par le Centre d'Etudes et de Recherches en Médecine du Trafic - page 19 / 36

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  • Réglementation (cf 4.2):

Il y a incompatibilité avec l'aptitude à la conduite en cas d'état de dépendance vis-à-vis des substances psychotropes ou en cas d'abus ou de consommation de telles substances sans justifica- tion thérapeutique. Le recours est possible à des examens biologiques (détection ou dosage de produits). Une aptitude temporaire de six mois à un an peut être prononcée, renouvelable pendant deux ans. Ultérieurement, la périodicité des visites médicales est modulée avec limitation de la durée d'aptitude à l'appréciation de la commission médicale

Pour les permis du groupe lourd, il y a incompatibilité en cas de consommation de substances psychotropes. Par la suite, il peut y avoir compatibilité temporaire de un an, renouvelable pendant trois ans. Ultérieurement, il y a modulation de la périodicité des visites médicales avec limitation de la durée d'aptitude à l'appréciation de la Commission médicale. Une incompatibilité pour les catégories D, E (C), E (D) pourra être prononcée. Les risques additionnels liés aux conditions de travail sont envisagés avec la plus extrême prudence.

  • Recommandations :

Bien que ce domaine soit difficile à aborder avec des patients qui n'avouent que rarement leur consommation, et qui la minimisent dans les autres cas ou la réduisent à un nombre de produits inférieur à la réalité, le médecin doit remplir un rôle de prévention en particulier chez les jeunes. Il doit leur expliquer quels sont les risques pénaux sur la route, les inciter au sevrage avec une aide adaptée, et être particulièrement actifs vis à vis des conducteurs professionnels.

Il doit informer aussi bien les fumeurs de cannabis, les consommateurs chroniques de tranquilli- sants, les patients soumis à un traitement de substitution et tous les utilisateurs de psychotropes à des fins festives qu'il y ait ou non addiction. Il ne faut en aucun cas banaliser la prise des produits et profiter au contraire d'une discussion sur l'aptitude à la conduite pour proposer une aide. L'usage de tests de dépistage urinaire, d'un faible cout et disponibles en pharmacie, est souvent utile, à la condition de respecter des règles éthiques en face de parents ou d'employeurs très demandeurs d'information. L'usage de tels tests devrait être systématique pour le suivi des conducteurs prenant un traitement de substitution.

Médicaments et conduite

La relation entre le médecin généraliste et son patient est entièrement tournée vers le patient en tant qu'individu porteur d'une pathologie et le médecin a du mal à pouvoir la dépasser et influer sur le patient en tant que sujet à risque pour les autres, risque en particulier sur la route ou au travail. Le problème est encore plus complexe quand le médecin doit prendre un risque vis à vis de la collectivité en prescrivant des médicaments, utiles à titre individuel pour le patient, mais facteurs de risque potentiel pour les autres par leurs effets sur la vigilance ou le comportement. Le médecin ne peut plus, aujourd'hui, ignorer ce risque collectif en se retranchant derrière l'intérêt exclusif du patient, ceci d'autant que l'évolution générale du droit l'amène progressivement à risquer d'être mis en cause lui-même pour certaines de ses prescriptions, notamment en ce qui concerne le devoir d'information du patient. Le médecin doit participer à une double démarche : Se remettre en cause quant à ses stratégies de prescription pour tenir compte de la situation de conduite de ses patients, et remettre en cause leur attitude quand ceux ci ont une utilisation trop prolongée ou inadaptée de certains médicaments. Le médecin sait, quand il le faut, créer une relation de confiance avec son patient, et il doit aussi utiliser cette relation pour amener le patient à prendre conscience de ses facteurs de risque, notamment ceux liés à la consommation excessive de médicaments psychotropes. Cette approche ne doit pas se faire d'une manière paternaliste, moralisatrice, mais doit au contraire se baser sur la compétence professionnelle du médecin, ses connaissances des effets des produits psychotropes " par intention ", ceux liés à des effets secondaires de certains médicaments, et, naturellement en prenant en compte les problèmes médicaux (age, troubles visuels ou neurologi- ques, troubles du sommeil etc.) spécifiques à chaque patient, qu'il s'agisse d'un patient âgé (souvent consommateur de plusieurs médicaments à potentiel sédatif), ou d'un patient conducteur professionnel pour lequel on doit adopter des stratégies thérapeutiques spécifiques. Dans ce domaine, la mise en place, sur une initiative de La Prévention Routière reprise par l'AFSSAPS, d'un dispositif de graduation des effets secondaires des médicaments sur la capacité de

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