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buèrent beaucoup en vies et en courage.

Au-delà de la rhétorique qui a presque toujours caractérisé les études sur nos troupes de couleur et au-delà du sentimentalisme souvent de mauvaise quali- té que l'on a manifesté dans certains écrits, on ne peut faire moins que de recon- naître leur apport décisif a toutes les phases du développement colonial italien.

Quelques observations de caractère technique restent à faire sur l'organisa- tion et la structure des troupes coloniales érythréennes. L'arme la plus importante sur le plan du nombre était naturellement l'infanterie, organisée en bataillons autonomes dotés de grande mobilité. La cavalerie (particulièrement importantes étaient les unités "méharistes" montées sur chameaux coureurs) était employée surtout dans les services de reconnaissance, tandis que l'artillerie resta toujours conditionnée, dans son développement, non seulement par les difficultés du ter- rain et du ravitaillement en munitions mais aussi par l'insuffisance des moyens de traction. L'oeuvre du Génie au contraire était de grande importance, parce qu'absolument indispensable pour mener des campagnes coloniales qui, à raison de leur nature particulière, demandaient la construction rapide de routes, ponts, chemins de fer, camps, réseaux radio-télégraphiques et téléphoniques, aqueducs, installations d'éclairage, ateliers de dépannage et d'entretien, etc...

La fonction de cette arme cependant doit être considérée en perspective, en ce sens que les militaires qui y étaient employés entrèrent en possession de connaissances techniques et pratiques -- étant donné le développement industriel arriéré -- qu'ils auraient pu difficilement acquérir dans le civil. Ces expériences contribuèrent donc à former une élite quand même restreinte d'ouvriers spéciali- sés, qui constituera un des points de départ pour la croissance autonome de l'économie érythréenne dans le deuxième après-guerre.

À côté des unités régulières agissaient aussi des "bandes", destinées à des tâches auxiliaires ou bien employées dans des situations particulières; quant à l'ordre intérieur, il était garanti par les Carabinieri, avec l'aide de militaires na- tionaux et indigènes ("zaptié").

Le recrutement était volontaire et le réengagement, annuel. Les soldes changeaient de façon inversement proportionnelle à la disponibilité des hommes (plus élevée dans les périodes de crise agraire; plus basse après des revers mili- taires ou dans les périodes de bonne productivité de la terre). Les sanctions dis- ciplinaires étaient établies en accord avec les usages locaux et l'une des plus fré- quentes était la fustigation. Quant à l'assistance religieuse nos autorités militaires cherchèrent à ne pas créer de discorde entre la composante chrétienne-Copte et la religion musulmane, en garantissant a chacune d'elles la présence de ses pro- pres prêtres ("Casci" dans le premier cas, "Imam" dans le deuxième). Tout compte fait on peut affirmer, de toute façon, qu'entre les deux groupes il n'y eut pas de conflits graves.

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