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structures hiérarchiques et absolutistes étaient moins rigides ici que dans la mé- tropole, il existe depuis B. Suite en passant par Cl. de Bonnault jusqu'à Lionel Groulx et à Guy Frégault une tradition voulant que l'officier de milice, person- nage populaire par définition, ait été, en incarnant la nation à sa base, un des agents responsables de cette différence. En parlant de la fonction de capitaine de milice, Groulx écrit:

"La fonction parut un temps flatter l'ambition des grands... Petit à petit elle devint le lot de gens du peuple, d'habitants presque tous illettrés... ce qui ne lui confère pas moins d'importance... Qu'est-ce à dire sinon que le capi- taine de milice apparaît déjà comme l'intermédiaire naturel entre le gou- vernement et le peuple? (3)

Claude de Bonnault, lui qui pourtant avait dressé une liste de ces officiers, va plus loin encore à propos de cette "élite spontanée et locale" lorsqu'il affirme que même les majors, les lieutenants-colonels et les colonels sont "tous Canadiens et la plupart du temps tous habitants". (4) Ce genre d'interprétation se retrouve chez les historiens anglophones, tenants de la thèse de la frontière, qui voient dans les officiers de milice la source d'un pouvoir populaire et démocratique. L'un d'eux, W.J. Eccles, écrit:

"These officers, almost all of them habitants rather than seigneurs, had..." (5)

La thèse opposée est soutenue d'abord par ceux qui, à la suite de Parkman et de Munro, définissent la société de la Nouvelle-France comme une société féodale, presque médiévale en nombre de ses caractères. Le rôle dominant du seigneur dans le groupe des officiers de milice découlerait alors de ses rapports avec son suzerain, le roi, et avec ses vassaux, les propriétaires d'arrière-fiefs. L'interprétation de E.J. Chambers porte jusqu'à un certain point la marque de cette vision de la société:

"The commissions in the militia were generally held by the seigneurs and other notabilities of their respective districts, and these persons were not merely the best educated but, often the most highly esteemed men in the country, and they had shown themselves to be good soldiers". (6)

Une thèse similaire est exposée par C. Nish qui décrit la société de la Nouvelle- France à partir du concept de bourgeois-gentilhomme: son élite serait formée de bourgeois-gentilhommes et les officiers de milice seraient naturellement issus de ce groupe social. (7)

Le problème de la position de l'officier de milice et de sa fonction dans la structure sociale doit à notre avis être posé dans le cadre d'une société d'ancien régime selon la dynamique qui lie la bourgeoisie et les milieux populaires a la

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