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Ainsi, en 1654, les habitants de Sainte-Foy décident de mettre leurs terres en commun, de les cultiver ensemble et ils choisissent Antoine Martin dit Montpel- lier, soldat et cordonnier, comme commandant. (13) Ce sentiment incessant du danger serait aussi à l'origine de la fondation à Montréal de la confrérie des Sol- dats de la Très Sainte Vierge, dont Paul Chomedey de Maisonneuve aurait été le premier soldat. A côté de cette confrérie, dont l'existence est douteuse, Maison- neuve met sur pied en 1663 la milice de la Sainte Famille, formée de 20 escoua- des de 7 hommes, chacune étant commandée par un caporal élu par ses camara- des. (14)

Ces quelques exemples qui tendent à présenter l'officier de milice comme l'énamation d'un processus démocratique, sont, parce que trop exceptionnels et concentrés dans le temps, à notre avis davantage significatifs de l'intensité de la situation présente, de la participation active et spontanée en l'occurence de la population à la défense que de l'émergence généralisée de pouvoirs venant des communautés elles-mêmes. Le cas de Pierre Boucher, parce qu'il est beaucoup plus représentatif, est intéressant dans cette perspective. Un des pionniers de la Nouvelle-France, l'homme avait joué un rôle important comme interprète et né- gociateur. Il s'était également illustré dans la défense du bourg des Trois- Rivières. Le gouverneur l'avait pour cela nommé capitaine de la milice bour- geoise de l'endroit. Il assumait en plus la charge de marguillier. Le roi lui avait octroyé des seigneuries et l'avait promu gouverneur des Trois-Rivières. En 1661, il est le délégué de la colonie auprès du roi de France et, en récompense de son mérite, il reçoit des lettres de noblesse. Lorsque Pierre Boucher habite ses fiefs, il y agit en même temps comme premier officier de milice de l'endroit. Même si sa réussite suppose l'existence d'un consensus assez large, l'homme n'est pas le symbole d'un pouvoir populaire ou d'un pouvoir bourgeois autonomes et mon- tants. Il représente davantage la marche incessante des bourgeois vers la no- blesse. Charles Lemoine, riche marchand de Montréal, est dans la même situa- tion. Lui aussi avait été interprète, actif dans la milice, avait obtenu des seigneu- ries et avait même exercé des fonctions judiciaires. En 1666, lors de l'expédition de Courcelles et de Tracy contre les Agniers, il commandait la compagnie de Montréal. Deux ans plus tard, il était anobli et, en 1684, le gouverneur Labarre le recommandait au poste de gouverneur de Montréal. (15)

En fait la responsabilité première en matière de sécurité territoriale incom- bait à la métropole et au gouvernement colonial. Mais que faire avec un mince contingent de troupes régulières qui ne dépassait pas la centaine d'hommes en 1647 et dont les effectifs tombent à 68 hommes l'année suivante? (16) En 1649, le gouverneur D'Ailleboust crée le camp volant formé d'une cinquantaine de soldats réguliers et de miliciens commandés par Charles D'Ailleboust, son ne- veu. L'année suivante, celui-ci est remplacé par un autre noble Mathieu Damours de Chauffeurs à qui succèdent René Robineau de Bécancourt et, après lui, le marchand Eustache Dumont dit Lambert, seigneur. Cette aide parcimonieuse de la mère-patrie, à une époque où bien souvent les colons se demandent s'ils ne

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