X hits on this document

998 views

0 shares

0 downloads

0 comments

157 / 367

  • -

    129 -

doivent pas tout abandonner pour rentrer en France, reflète une politique qui se perpétue jusqu'en 1663. Encore en 1662, le roi n'avait pu faire mieux que de dé- pêcher un petit contingent d'une centaine de soldats. C'est seulement lors de la réorganisation institutionnelle de 1663 que le gouvernement métropolitain com- mence à percevoir la situation sous un angle` nouveau. Deux ans plus tard, le lieutenant-général Tracy arrive a Québec avec mission de lancer une grande of- fensive contre les Iroquois. Non seulement dispose-t-il des 1300 hommes du régiment de Carignan-Salières mais, puisque les milices ne sont pas en principe que des unités défensives, il peut compter sur l'appui des miliciens. A l'occasion de l'expédition de 1666, le gouverneur semble avoir décrété la mobilisation gé- nérale ne laissant dans les paroisses, parfois sous le commandement du capitaine de milice, que le nombre d'hommes nécessaires pour couper les récoltes et pro- téger les habitants. (17) Le séjour du régiment de Carignan se termine en 1668 quand la paix semble rétablie au moins pour un temps. De ce groupe de militai- res de profession, 400 officiers et soldats décident de s'établir dans la colonie. L'année suivante, un autre contingent composé de 30 officiers et de 333 soldats se fixe au pays. (18) Ces nouveaux colons, dont plusieurs contribuent à l'affer- missement de la noblesse locale, représentent un acquis capital en terme de tradi- tion et d'expérience militaires.

Lorsque des législations concernant l'organisation des milices sont adop- tées en 1669 et en 1673, elles ne peuvent que refléter l'ensemble des expériences antérieures. Exception faite des privilégiés: les nobles et les clercs, tous les mâ- les de 16 à 60 ans, soit près du quart de la population, font partie des milices et ils peuvent être appelés sous les armes lorsque le gouverneur le juge à propos. En somme la mobilisation peut être générale ou partielle, peut concerner des opérations défensives ou offensives et avoir trait à des fonctions de combat ou à des besognes auxiliaires. De 1686 à 1696, selon le décompte pratiqué par un historien (19), au moins treize appels aux armes, dont quatre convocations pres- que générales, sont lancés aux miliciens. Cette organisation militaire repose sur une unité territoriale de base qui est la seigneurie ou la paroisse. Aussi long- temps que la population n'est pas trop nombreuse, tous les miliciens d'une locali- té sont regroupés en une seule compagnie sous le commandement d'un capitaine, d'un lieutenant et d'un enseigne. La croissance de la population va amener la création de nouvelles compagnies dans un nombre grandissant de paroisses et va exiger l'établissement d'une hiérarchie parmi les officiers de même grade: pre- mier capitaine, second capitaine. L'organisation des milices épouse également, telles qu'elles se développent, les grandes divisions territoriales et administrati- ves de la colonie: les trois districts (Québec, Montréal et Trois-Rivières) consti- tuent les régions pour les milices. A ce niveau, l'accroissement de la population allait nécessiter la création de subdivisions territoriales selon le tracé du fleuve à l'intérieur de chaque district: la côte nord et la côte sud. Cette organisation dis- tingue en plus les villes des campagnes et, en milieu urbain, les milices bour- geoises qui relèvent du gouverneur local, semblent avoir eu un rôle différent de celui qu'elles avaient en France à la même époque. (20) Notons enfin la création

Document info
Document views998
Page views998
Page last viewedTue Dec 06 16:57:03 UTC 2016
Pages367
Paragraphs3833
Words145620

Comments