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le titre de colonel constitue une preuve éclatante de l'importance de la présence bourgeoise dans le corps des officiers de milice:

Maurice Blondeau Jean Crespin René de Couagne

C.-Denis Perthuis Jos Prud'homme Simon Réaume

Ls Dumont dit Lambert J-B. Neveu

Jean-Josseph Riverin J.-B. St-Ange Charly Etienne Volant dit Radisson

Les Augé, Bazin, Bazinet, Charest, Constantin, Desauniers, Gamelin, Hervieux, Lamarque, Lecompte-Dupré, Lemoine Monières, Lestage font également partie des cadres de la milice. En ce domaine, toute nomination arbitraire suscite des critiques acerbes. La promotion de Paul Perreault, apparenté à Cadet, lié à Bigot, un marchand dont la réussite avait été étonnamment rapide, au poste de major- général crée de l'indignation. De Ramezay écrit: "J'aurai la douleur de voir des fripons avoir des 2000 livres, 1600 livres, jusqu'à un paysan de chez-nous avoir cette somme tant en pension qu'en appointements qui est le petit Perrot de Des- chambault..." (31)

Cet attrait qu'exercent les postes d'officiers de milice sur les marchands et le petit groupe de professionnels de la colonie ne doit pas, à notre avis, être porté au compte de l'éclosion parmi eux d'une conscience de classe bourgeoise. Les bourgeois de la Nouvelle-France aspirent à une chose par dessus tout, c'est de joindre les rangs de la noblesse. Dans la poursuite de l'objectif final, de la réus- site complète, qui est l'anoblissement formel, ils utilisent un certain nombre de moyens: les mariages, l'exercice de certaines charges et l'achat de seigneuries. Parmi les officiers de milice, 97 sont des seigneurs et fort souvent des propriétai- res d'arrière-fiefs. Naturellement, l'accès à la propriété seigneuriale ne confère pas la noblesse mais étoffe une aspiration, permet un genre de vie noble et, de toute façon, situe un individu sur la route qui conduit à l'aristocratie. A propos de Noël Langlois, l'intendant Duchesneau écrit: "qui de bon charpentier est devenu un fainéant, parce qu'ayant une seigneurie, il a cru être devenu gentilhomme, ce qui fera dans la suite une famille à la charge de la colonie..." (32) Ce n'est pas un hasard si 42% des bourgeois officiers de milice sont en même temps seigneurs. C'est le mérite qui est un des principaux critères dans l'octroi par le roi de lettres de noblesse et le mérite s'acquiert le plus souvent au service du roi. Tous les anoblis du XVIIe siècle, lorsqu'ils demandent des lettres de noblesse, font état de leurs années de service dans l'armée et, dans leur cas, dans les milices: les Boù- cher, Couillard, Godefroy, Juchereau, Hertel, Lemoine, Leber et autres font par- tie de ce groupe. Même lorsque le roi après 1720 arrête en pratique de donner l'annoblissement aux individus méritants de la colonie, les bourgeois ne perdent pas espoir et ils continuent, peut-être avec plus d'insistance, a utiliser les mêmes techniques qu'autrefois. Lorsque Fleury de la Gorgendière, marchand, seigneur, agent de la Compagnie des Indes occidentales, demande des lettres de noblesse

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