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ordre dans les circonstances. La création des chambres de milice et des chambres d'audience se trouve à intégrer des groupes d'officiers de milice dans l'organisa- tion judiciaire. (40) Ceux-ci remplissent les devoirs d'une cour de première ins- tance dont les jugements peuvent faire l'objet, selon la nature du litige et du cas, d'un appel auprès d'une cour composée d'officiers supérieurs de l'armée britanni- que. Cet accroissement de l'autorité des capitaines de milice qui, en un sens, porte peut-être atteinte au prestige des officiers supérieurs de la milice, s'expli- que par les circonstances. Ce sont aussi les événements qui amènent les diri- geants britanniques à créer et à armer un contingent de miliciens. L'insurrection de l'Indien Pontiac force le gouverneur à émettre au printemps 1764 une procla- mation concernant la mise sur pied d'un bataillon de 300 combattants (41) recru- tés dans les trois districts: Québec (2 compagnies), Montréal (2 compagnies), Trois-Rivières (1 compagnie). Alors que la mobilisation des hommes affectés aux besognes auxiliaires, en particulier à la conduite des bateaux, s'opère, bien qu'elle comporte une rémunération, selon les traditions, la constitution du corps des combattants donne lieu à d'importantes innovations. En effet, quand dans l'esprit du milicien canadien la loyauté au roi était depuis toujours le principe qui déterminait le service militaire obligatoire et sans solde, la proclamation du gou- verneur introduit le régime du volontariat et prévoit le versement au milicien d'une somme de 12 dollars et d'un salaire de 6 pence par jour. (42) Ces change- ments qui justifient en réalité l'option de la neutralité et tendent à assimiler le milicien au soldat régulier, à qui il peut être demandé de servir à l'extérieur du pays si nécessaire, modifiaient assez fondamentalement les conceptions établies. En d'autres mots, la décision de combattre ou de ne pas combattre pouvait rele- ver d'un simple calcul économique: le revenu de la ferme et le salaire de l'engagé dans le commerce des pelleteries contre la solde du milicien. Les conscrits de 1764 furent certes troublés par ces nouveautés mais néanmoins il ne fallut pas plus de deux semaines pour constituer le bataillon.

Le régime militaire était par définition transitoire. Par conséquent le sort des milices et de leurs officiers dépendait toujours de la politique d'ensemble que les Britanniques étaient en train de concevoir pour leur nouvelle colonie. La pro- clamation royale de 1763 qui est le produit de cet effort pour appréhender l'ave- nir, est une remise en question systématique des structures anciennes. Dans ces conditions, la décision prise en 1765 d'abolir les milices est une conséquence normale de cette perception du futur. Si la Proclamation avait été appliquée, c'est toute l'économie et les structures sociales qui auraient été bouleversées par cette politique générale de 1763. Le clergé et la noblesse auraient sans aucun doute été les groupes les plus profondément touchés par des mesures qui paraissent vrai- ment révolutionnaires. Même si, après 1765, les gouverneurs préconisent une politique, confirmée par l'Acte de Québec de 1774, qui tend à perpétuer les ca- ractères traditionnels de la société canadienne-française, ils ne vont pas jusqu'à intégrer, bien qu'ils en parlent, les nobles dans l'armée régulière anglaise et jus- qu'à restituer aux milices tout leur ancien rôle. En 1769, Joseph Deguire de Ya- maska, seigneur, écrit au gouverneur Carleton pour déplorer l'attribution à des

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