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parmi les habitants canadiens les plus respectables; l'état-major composé de seize est généralement choisi parmi les seigneurs... Bien que sous le gouvernement de sa majesté, on ait dans une grande mesure retiré ces pou- voirs, surtout depuis la nouvelle constitution, les Canadiens, dans leur idée attachent encore une certaine valeur au caractère de capitaine de mi- lice...c'est encore la coutume dans toutes les occasions publiques, d'em- ployer cette classe utile de la population à exécuter plusieurs services pour le gouvernement..." (48)

Milnes s'engage dans cette discussion parce qu'il est inquiet des conséquences possibles du déclin de la noblesse canadienne-française sur le sort des institu- tions monarchiques. Il s'inquiète également de la montée éventuelle du pouvoir démocratique qu'il associe aux classes moyennes. C'est pourquoi il propose de rendre encore plus étroits et plus complexes les liens entre l'État et l'officier de milice:

"Si donc au moyen d'une récompense honorifique et pécuniaire... cette ca- tégorie de Canadiens était amenés a se considérer comme fonctionnaires immédiats de la couronne, et particulièrement liés à l'intérêt du gouverne- ment, il n'y a pas de doute qu'une telle influence, a raison du fait qu'elle se- rait également répandue dans toute la province, contribuerait effectivement à maintenir vivace dans la grande masse de la population cet esprit de zèle et de loyauté pour le gouvernement monarchique qui, je crois, est naturel aux Canadiens mais qui, par suite de l'absence d'une classe immédiate sur laquelle ils peuvent jeter les yeux, et comme ils n'ont pas de rapports di- rects avec le pouvoir exécutif, menace de s'éteindre..."

Le successeur de Milnes, le gouverneur Craig est encore plus conscient que lui du déclin de l'influence de l'État sur les officiers de milice. Il va même jusqu'à exprimer contre un grand nombre d'entre eux ses soupçons de déloyauté. Contre ceux qu'il juge révolutionnaires, il inaugure une pratique qui sera utile à d'autres gouverneurs: celle du retrait massif des commissions. Telle est la situation au moment de la guerre de 1812: les milices constituent une institution suffisam- ment vivante et forte pour qu'elles soient perçues même par leurs juges les plus sévères, les soldats réguliers, comme une force significative dans le système de défense. Quant aux officiers, le nouveau gouverneur Prevost aura soin, corrig- eant par ses nominations les erreurs de perception de son prédécesseur, de les rendre aussi représentatifs que possible des équilibres sociaux. Pendant toute cette période qui va de la conquête anglaise à la fin des guerres de la révolution, les rapports entre l'évolution sociale et celle du corps des officiers de milice sont aussi multiples et étroits qu'à l'époque française. Le déclin de la noblesse, la montée des classes moyennes, la maturation de l'institution familiale et la diver- sité ethnique sont les éléments qui colorent davantage la psysionomie de l'offi- cier de milice.

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