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geois. En fait ils avaient beaucoup plus d'affinités a cet égard avec les nobles francophones. L'Acte de Québec de 1774 est par conséquent une grande victoire pour la noblesse puisque les institutions sur lesquelles repose son statut sont maintenues et qu'elle est admise à un partage du pouvoir politique. En 1774, les nobles sont convaincus d'être à la veille d'une récupération de tous leurs anciens privilèges. La guerre contre les colonies américaines en révolte stimule ces es- poirs. A la tête des miliciens levés par le gouverneur Carleton, les nobles figu- rent au premier rang: les Boucher, Belestre, Chartier de Lotbinière, De Bonne, D'Estimauville, Godefroy, Hertel, St-Ours, Salaberry, Tarieu de la Naudiere et Vassal de Monviel illustrent bien la survivance des traditions de la petite no- blesse militaire venue de France au XVIIe siècle. Cet intérêt de la noblesse fran- cophone pour les postes d'officiers de milice se maintient même après la fin des hostilités. Non seulement se sent-elle menacée par la montée des classes moyen- nes, dont les membres succombent de moins en moins à l'attrait des valeurs aris- tocratiques, et par leurs revendications au sujet des institutions parlementaires; mais elle se défend contre le déclin économique progressif qui l'emporte. Natu- rellement, cette noblesse sera heureuse lorsque le gouvernement mettra enfin sur pied deux bataillons de troupes coloniales réglées à l'intention des aristocrates des deux groupes ethniques: celui de Québec et celui de Montréal. Parmi les officiers des troupes du Royal Canadian Volunteers, en plus des noms de ceux mentionnés plus haut, on note les noms suivants: De Bernieres, De Longueuil, Juchereau, Louvigny de Montigny, Sabrevois de Bleury, Taschereau, etc...(51) Cette intégration dans l'armée régulière demandée depuis 1765 et enfin conquise n'amène pas les nobles à se désintéresser de la direction des miliciens, car ils s'accrochent maintenant à toute forme de pouvoir utile à leur besoin de survi- vance. La guerre de 1812 sera pour eux une autre occasion, sinon de retrouver un pouvoir et une influence perdus, tout au moins de se perpétuer. Parmi les 1325 officiers francophones en fonction de 1812 à 1815, les nobles sont au nombre de 94 (7%). Ils sont le plus souvent enseignes, lieutenants et capitaines mais leur présence réelle se situe au dessus du grade de capitaine: ils sont 30% des offi- ciers supérieurs. Dans leurs rangs, on trouve 7 colonels et 17 lieutenants- colonels. L'énumération de leurs noms ne fait que prouver à nouveau l'impor- tance de la longue durée en histoire sociale: Aubert, Boucher, Chartier, Chausse- gros, Couillard, De Beaujeu, D'Estimauville, Sabrevois de Fleury, Godefroy de Tonnancour, Hertel de Rouville, Juchereau, De Montipy, Pinguet de Vautours, St-Ours, De Salaberry, Tarieu de la Naudiere, Taschereau, Vassal de Monviel.

Il est un autre groupe, également sur-représenté au niveau des officiers su- périeurs, qui prend forme après 1760 et dont l'évolution suit après 1780 celle de la noblesse, c'est celui des aristocrates et des militaires anglophones. Les indivi- dus qui le composent forment 29% du contingent des officiers supérieurs. Leurs noms sont d'ailleurs bien connus: les Caldwell, Coffin, Cuthbert, De Haren, Fra- ser, Grant, Gugy, Heriot, Johnson, Kell, Macdonald, Murray et Smelt ont beau- coup de parenté du point de vue croyances sociales avec les nobles francophones mais ils affichent beaucoup moins de mépris qu'eux à l'endroit de la bourgeoisie

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