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cette catégorie d'individus qui auraient pu servir à constituer, selon les voeux du lieutenant-gouverneur Milnes, une nouvelle aristocratie. La présence des deux Mackenzie de la seigneurie de Terrebonne parmi les lieutenants-colonels montre qu'il y avait aussi des individus dont les aspirations allaient dans le même sens. Mais la grande majorité des bourgeois ne semble pas avoir perçu, bien qu'elle les recherche, les postes d'officiers de milice comme une étape dans la marche vers l'aristocratie qu'elle soit militaire ou foncière. La plupart d'entre eux ont une per- ception civile de la société et leur attitude à l'endroit de la grande propriété fon- cière est tellement variable qu'on ne peut déceler une tendance bien ancrée vers un achèvement aristocratique. Les noms des marchands devenus officiers supé- rieurs reflètent les différents aspects de l'activité économique: G. Alsopp, A. Auldjo, M. Bell, L. Crawford, S. David, J. Dunlop, J. Finlay, G. Hamilton, J. Irvine, G. McBeath, J. McGill, N. Macleod, D. Munro, J. Mure, J. Ogilvy, J. Oldham, W. Porteous, A. Shaw, D. Sutherland, W. Woolsey. La liste des offi- ciers porteurs des grades de capitaine, de lieutenant ou d'enseigne, permet ce- pendant une vue plus précise de l'évolution économique de la province. On y trouve évoquée ou représentée directement la première étape de l'économie des pelleteries au lendemain de 1760: Badgley, Ermatinger, Frobisher, Henry, Kay, McKay, McDonell, McLean, McNeal, Paterson sont associés aux expériences qui précédent et préparent la maturation de la compagnie du Nord-Ouest. Les Hallowell, McTavish et McGillivray font songer à la fois à l'apogée et au déclin de la grande compagnie montréalaise. Une autre génération d'hommes d'affaires, celle qui pratique le commerce des grains, oeuvre déjà dans le secteur forestier, annonce la naissance des institutions bancaires et la révolution des transports, est aussi présente parmi les officiers de milice: Blackwood, Blakeley, Chinic, Cla- pham, Davidson, Dunn, Forsyth, Garden, Gerrard, Hart, Leslie, Meiklejohn, McNider, Moffat, Richardson, Ross, Torrens, Young, Yule. En recherchant ces fonctions de commandement, les commerçants anglophones visent les honneurs attachés à la reconnaissance officielle d'une réussite, tentent de s'insérer dans des réseaux d'influences qui donnent accès au patronage ou, encore, à un pouvoir éventuel qui les mettrait en position de mieux mousser ou de mieux défendre leurs intérêts ou leurs valeurs. Les transformations qui s'engagent dans le milieu politique bas-canadien, notamment la montée du nationalisme canadien-français, mettent en relief ces derniers objectifs. La même chose peut être dite des profes- sionnels anglophones qui évoluent à l'ombre des milieux d'affaires, dont ils par- tagent les espoirs, et qui, à l'instar des professionnels francophones, aspirent très souvent à entrer au service de l'État. Les Cochran, Daly, Gales, Ogden, O'Sulli- van, Pyke, Sewell, Stuart, Vanfelson sont les équivalents des Bouchette, Delisle, Foucher, Legendre, Mondelet, Perreault, Planté, Rolland. En somme, pour cette bourgeoisie anglophone qui trouve un écho chez nombre de francophones, les postes d'officiers de milice sont un instrument parmi plusieurs autres utilisé par la bourgeoisie dans l'établissement de son influence, de son prestige et de son pouvoir. Cette classe sociale agit maintenant à son propre compte en fonction de ses propres objectifs.

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