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par famille et n'est que de 1.1 dans le groupe des officiers supérieurs.

L'analyse de la liste des officiers de Vaudreuil-Soulanges qui commence avec les noms des officiers de l'époque française et déborde 1815, confirme nos observations antérieures sur l'exercice du pouvoir dans les milieux ruraux. Le nombre de personnes ayant occupé le poste d'officier de milice est de 136 et ils sont issus de 83 familles différentes, ce qui fait 1.6 officiers par famille. Neuf de ces familles (10%) produisent à elles seules 40 officiers (29% de l'ensemble); mais, si on tient compte des alliances matrimoniales avec d'autres familles d'of- ficiers, le nombre des officiers rattachés à ces familles s'élève à 51 (37%). A Vaudreuil, comme ailleurs, il arrive souvent que l'officier de milice remplisse en même temps les fonctions de marguillier.

Que l'institution familiale mûrisse et étende son emprise au cours des dé- cennies, cela ne veut pas dire que les familles qui dominent les communautés rurales à l'époque française puissent perpétuer leur pouvoir indéfiniment. Si l'his- toire des officiers de milice est aussi celle de la montée, de la stagnation ou du déclin de certaines classes et groupes sociaux, elle est aussi celle de la diversité des destins des familles. Pour illustrer ce genre de mutations qui n'ébranlent pas l'institution familiale elle-même, nous avons essayé de mesurer l'évolution des familles qui, sous le régime français, avaient eu quatre officiers et plus dans leurs rangs. Il faut dire que la plupart de ces familles atteignent rarement le sommet de la hiérarchie dans les milices et qu'elles ne jouent pas dans l'ensemble un rôle économique et social déterminant au niveau de la Nouvelle-France. Ces 50 familles avaient produit 279 officiers (5.5) à l'époque française et elles n'en ont plus de 158 (3.1) en 1812. A cette date, 14 de ces familles (28%) n'ont plus aucun officier dans leurs rangs. Alors que 6% de celles-ci sont stables, 20% de ces familles voient leur production augmenter: d'une moyenne de 5.0 à 9.2. Dans 74% des cas, il y a déclin: une moyenne de 5.8 officiers par famille à l'époque française et 1.4 en 1812. Nous avons fait le même genre de test à propos du groupe des familles qui, en 1812, avaient 6 officiers et plus dans leurs rangs. Ce groupe constitué de 39 familles regroupe 312 officiers (8.0 par famille) en 1812. Sous le régime français, il n'y avait que 73 officiers (1.8) dans ces clans fami- liaux. Un tiers d'entre eux n'avaient pas un seul officier dont les noms figuraient sur les rôles du gouverneur. Le phénomène de l'ascension touche donc l'immense majorité (94%) et leur moyenne d'officiers passe de 1.6 par famille a 8.1. Il ne fait pas de doute que, d'une façon plus générale et peut-être plus subtile encore, qu'il n'apparaît ici, l'histoire de l'officier de milice concerne davantage l'histoire des structures sociales et du changement social. Mais il semble acquis, croyons- nous, qu'elle a un rapport direct avec l'institution familiale et son poids dans la société. Aussi longtemps que les familles Papineau, Viger et Cherrier restent dans l'ombre, c'est-à-dire pendant plus d'un siècle, il n'y a pas d'officiers de mi- lice parmi eux.

Cette analyse de l'officier de milice dans ses rapports variés avec le déve-

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