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Enfin, dans un dernier texte, le chef d'escadron Cousine, chef du cours d'histoire de l'Ecole Supérieure de Guerre, et M. P. Romet, agrégé de l'Université consacrent leur recherche à la politique de la France vis-à-vis des Indiens pen- dant la même période, abordant ainsi les rapports avec la société indigène (1).

Très schématiquement on aurait pu espérer dénombrer au Canada trois ty- pes de société, classiques aux colonies: la société coloniale issue de Français implantés depuis longtemps dans le pays, la société militaire constituée par les troupes venues de France pour défendre le pays contre les menaces extérieures ou pour agrandir le territoire colonial, enfin la société indigène. La réalité est beaucoup plus complexe: la société coloniale -- nous l'appellerons dorénavant la société canadienne -- est, elle aussi, militaire dans la mesure où, par la milice, elle participe directement à l'effort de guerre du pays. D'autre part la société mi- litaire ne forme pas un tout; elle est diverse dans son recrutement (troupes de terre et de la marine); elle est diverse parce qu'elle s'osmose plus ou moins avec la société coloniale, suivant la durée de son séjour au Canada; elle est diverse, enfin parce qu'elle est composée d'officiers et de troupe, dont il est difficile, sur- tout au XVIIIe siècle d'amalgamer les réactions. Quant à la société indigène, peut-on l'évoquer comme un ensemble cohérent? N'est-ce pas plutôt l'agrégat de multiples nations et qui constitue un tiers parti et un enjeu dans la rivalité franco- anglaise, plutôt qu'une société en conflit avec la société coloniale de souche eu- ropéenne?

Il est indispensable d'étudier particulièrement cette société militaire si composite qu'elle apparaît comme éclatée en plusieurs groupes qui réagissent très différemment par rapport à la société coloniale. Il s'ensuit à l'échelle du Ca- nada des conflits de sociétés qui se traduiront, au plan de la conduite de la guerre, par des conceptions totalement opposées.

UNE SOCIÉTÉ MILITAIRE ÉCLATÉE

La milice n'étant que l'émanation de la société canadienne, nous entendons par société militaire l'ensemble des "professionnels", officiers et soldats (2), qui combattent au Canada, c'est-à-dire les troupes réglées. Elles proviennent de deux origines.

Les troupes de la Marine (TDLM)

À part l'envoi en 1665-67 du régiment de Carignan-Salières, les seuls troupes réglées présentes au Canada jusqu'en 1775, sont des compagnies fran- ches de la Marine, unités d'infanterie dépendant du Secrétariat d'État à la Marine. Au nombre de 3 en 1683, elles se décuplent rapidement et s'installent en perma- nence dans le pays. Chaque compagnie comprend généralement trois officiers et 40 hommes, soit un total de 90 officiers et 1,200 hommes de garnison perma-

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