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Compte tenu des pertes (morts, renvoyés en France) et des renforts indivi- duels parvenant chaque année, les effectifs des troupes de Terre au Canada et à l'Isle Royale évoluent ainsi (6):

Novembre 56 Novembre 57 Novembre 58

Mai

59

Canada 2,719 (6 bataillons) 3,988 (8 bataillons) 3,726 (8 bataillons) 3,685 (8 bataillons)

Isle Royale 1,050 (2 bataillons) 1,050 (2 bataillons) néant (perte de Louis-

bourg)

Les officiers des Troupes de Terre

L'encadrement de ces 10 bataillons comprend un peu plus de 300 officiers. Pendant les années 1756-57, il y aura fort peu d'emplois vacants. Par contre à partir de 1758, les pertes (morts au combat, décès à l'hôpital, prisonniers ou ra- patriés) excèdent les renforts. Sur un effectif théorique de 246 pour les 8 batail- lons du Canada, Doreil signale 41 emplois vacants en octobre 1758 (7).

Toutes les troupes de Terre, officiers comme soldats, à l'exception de quelques volontaires arrivant en renforts individuels, ont été désignées pour par- tir au Canada. M. Bérenger et Roy soulignent avec raison que "l'officier métro- politain n'était pas volontaire. Il est parti parce que son unité a été désignée par le Secrétaire d'État. Il sert par devoir, par tradition familiale, car il appartient à la noblesse qui affecte encore la vocation militaire. Il souhaite faire carrière, il ne cherche pas à s'enrichir... il est souvent instruit, cultivé, quelquefois sensible aux charmes de la vie mondaine, au moins durant la saison d'hiver". A cet homme, ainsi dessiné, qu'apporte le Canada? L'absence d'un théâtre d'opérations euro- péen ou il est plus facile de se faire valoir, l'éloignement de la Cour et l'oubli lors de la distribution des faveurs, une séparation familiale qu'accuse la coupure to- tale avec la France tant que le Saint-Laurent est pris par les glaces (Novembre- Avril). Et des problèmes financiers de plus en plus graves. M. Bérenger montre les conséquences, sur les ressources de l'officier métropolitain, du caractère in- flationniste de l'économie canadienne pendant ces quelques années. Les avanta- ges financiers, qui lui avaient été accordés à l'origine, ont été soit supprimés (en 1757 il n'est plus payé en espèce, mais en papier monnaie), soit érodés par une augmentation incessante du coût de la vie. Doreil signale au Ministre en 1758 que "la pension la plus modique sans pain, ni vin est de 150 (livres) par mois" alors que le traitement d'un lieutenant est de 115... "Ce sont les plus à plaindre. Si le marquis de Montcalm voulait accorder toutes permissions qui lui sont de- mandées pour passer en France, la plus grande partie partirait cette année pour la seule crainte de mourir de faim" (8).

Ces difficultés financières sont d'autant plus ressenties qu'elles contrastent

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