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grand. Pourtant des historiens comme Ch. A. Julien (12), G. Lanctod (13) éva- luent l'apport de la colonisation militaire entre le traité d'Utrecht [1713] et la capitulation de Québec, à 1,300 et 1,600 maximum, soit une moyenne de 30 à 40 par an, ce qui n'est pas considérable. En fait ce licenciement sur place des soldats des troupes de la Marine, mariés avec des Canadiennes, était fonction du nombre de recrues venues de France pour les remplacer dans les unités. Et Vaudreuil (le père), bien que favorable a cette colonisation militaire, dut souvent retarder les permissions de mariale, afin de ne pas se priver de ses meilleurs hommes, ce qui laisse a penser que si les troupes de Marine recrutaient de plus en plus sur place leurs officiers, il n'en était pas de même pour les soldats.

Ainsi donc cette originalité "canadienne" des officiers des TDLM, ne se retrouve pas au niveau des soldats. Est-il alors bien nécessaire de distinguer sol- dats des TDLM et soldats des troupes de Terre, dans leurs réactions vis-à-vis du Canada et de sa population?

C'est d'autant plus difficile qu'il est déjà périlleux de déterminer, faute de sources directes, les réactions des soldats considérés comme un tout. MM. Bé- renger et Roy, après l'historien Lee Kenneth, constatent l'absence de toute lettre de soldat. Néanmoins, grâce à l'exploitation des rapports administratifs et des correspondances des officiers, ils estiment pouvoir conclure: "les rapports entre soldats et miliciens furent bons et comme les miliciens étaient en quelque sorte la nation en armes, les rapports avec la population civile furent, par voie de conséquence, meilleurs qu'ils ne l'étaient en métropole".

Pourtant, si les renforts des troupes de Terre sont bien accueillis au Cana- da, ils n'en constituent pas moins une lourde charge pour l'économie du pays. TDLM et Troupes de Terre réunies, il y a en 1756-57, plus de 7,000 soldats entre les pays d'En-Haut et Louisbourg, pour une population inférieure à 70,000 âmes. Cette proportion de 1/10 est très forte. Ce sera très lourd, quand, le blocus aidant, surviendra le rationnement alimentaire. Le 22 octobre 1757, Doreil rend compte au Ministre des quartiers d'hiver des bataillons: "on oblige les habitants des campagnes à les nourrir en payant, le munitionnaire étant hors d'état de le faire. Il est incertain si les habitants pourront le faire longtemps, la récolte ayant man- qué presque totalement" (14). Cette charge, qui ne paraît pas avoir provoqué d'incidents graves, avait toutefois un avantage certain: permettre aux soldats de bien connaître la population canadienne et probablement d'apprécier un mode de vie qui offrait, ne serait-ce qu'au plan des impôts, des avantages considérables par rapport à la vie des campagnes françaises.

Ajoutons, avec MM. Bérenger et Roy, qu'en opérations, côtoyant le mili- cien, le soldat a pu bénéficier de son expérience de coureur des bois, apprendre la manière de vivre à la canadienne et de mieux se protéger contre les rigueurs de la vie en campagne.

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