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LE CONFLIT DES CONCEPTIONS CONCERNANT LA CONDUITE DE LA GUERRE

Sur la manière de mener la lutte contre les colonies anglaises, deux conceptions s'affrontent: celle de la société coloniale illustrée par les prises de position des officiers des TDLM dont le plus connu est Vaudreuil, devenu gou- verneur général; celle des officiers des troupes de Terre, par conséquent de Montcalm, leur chef.

Avec un très grand souci d'objectivité et un luxe de références qui donnent du poids à son argumentation, le colonel Michalon s'est livré à une analyse fouil- lée des relations entre Vaudreuil et Montcalm pendant leurs trois années de co- habitation. De son étude, qui conclue avec beaucoup de nuances sur les respon- sabilités réciproques des deux hommes dans la dégradation de leurs rapports et de la situation, nous ne retiendrons, pour cette synthèse, que leurs différends sur la manière de conduire les opérations, que ce soit au niveau tactique ou au ni- veau stratégique. Et nous nous apercevrons que ses conclusions rejoignent celles, très synthétiques, de MM. Bérenger et Roy, sur le fossé qui sépare troupes de Terre et TDLM dans l'appréciation des méthodes de combat.

Les conceptions de Vaudreuil et des Canadiens

Fils d'un capitaine des troupes de la Marine devenu Gouverneur général de la Nouvelle-France et de la fille d'un officier de Carignan-Salières fixé au Cana- da, Pierre Rigaud de Vaudreuil est lui-même officier des TDLM avant de deve- nir à 35 ans gouverneur des Trois-Rivières, à 44 ans gouverneur de la Louisiane, à 57 ans gouverneur et lieutenant-général de la Nouvelle-France. Soldat d'abord, haut fonctionnaire ensuite, il est le premier Canadien de naissance à occuper le poste suprême de la Colonie.

Il conforte la longue expérience qu'il a des problèmes canadiens en s'en- tourant exclusivement de Canadiens de naissance ou d'officiers des TDIM qui ont déjà longuement combattu sur le théâtre d'opérations américain et sont tout acquis aux modes de combat à la canadienne. Nous avons déjà rencontré Péan qui, s'il est concussionnaire, peut être néanmoins un homme sensé, capable, se- lon Montcalm, cité par le Colonel Michalon, de faire "prendre un bon parti, sage et ferme", François de Rigaud, frère cadet du gouverneur, qui a retiré des com- bats qu'il a menés une incontestable expérience de la guerre en Amérique du Nord et le prouvera encore. On pourrait citer encore Dumas, futur major général des troupes de la Colonie, Boishebert et surtout le capitaine Le Mercier qui, s'il est aussi compromis que Péan dans des affaires douteuses, combat non sans ta- lent au Canada depuis 1740 et joue, au cabinet de Vaudreuil en 1758-59, un rôle d'homme de confiance que ne lui pardonne pas Montcalm.

Or tous ces hommes sont fermement attachés à quelques principes qui di- rigent la politique canadienne depuis des années et président aux méthodes de

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