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combat.

La stratégie de Vaudreuil

La stratégie de Vaudreuil reprend, celle de ses prédécesseurs, Duquesne et La Galissonnière: "maîtrise de la région des lacs et de leur frontière avancée, la vallée de l'Ohio, le tout formant les Pays d'En-Haut" (Colonel Michalon). Pour ses prédécesseurs, cette stratégie était véritablement offensive: il s'agissait d'en- serrer les Anglais dans leurs colonies et de se relier à la Louisiane. Pour Vau- dreuil, la situation ne permet plus un programme aussi ambitieux. Il s'agit en fait d'interdire aux Anglais l'accès aux pays d'En-Haut et de les chasser des points qu'ils ont pu atteindre. Il se cramponnera jusqu'au bout à son idée de ne pas abandonner les lacs.

Mais, comme le souligne le colonel Michalon, rien ne sert de s'accrocher aux pays d'En-Haut, si l'ennemi parvient au coeur de la colonie par une des voies d'accès à la région Montréal-Québec. Vaudreuil, et c'est sa seconde idée stratégi- que, a déterminé de faire l'effort défensif-offensif sur la voie terrestre centrale celle qui, par les lacs Saint-Sacrement et Champlain et la rivière Richelieu, mène de l'Hudson à Montréal. Il matérialise cet effort en faisant construire en 1755, au sud du fort Saint-Frédéric, le fort de Carillon qui contrôle le débouché des riviè- res de la Chute et "au chicot" dans le lac Champlain.

Quant à la voie de la rivière Saint-Jean vers Québec, Vaudreuil estime qu'elle peut être défendue à moindre frais grâce aux Abénaquis et aux Acadiens chassés de chez eux. Enfin il ne croit guère en la vulnérabilité de la voie du Saint-Laurent, la possession de Louisbourg et les difficultés de navigation dans le fleuve la préservant de toute insulte. C'est d'ailleurs à la Marine de protéger Louisbourg.

C'est donc une stratégie à grande échelle qui nécessite une politique indi- gène cohérente et des méthodes de combat adaptées au théâtre d'opérations amé- ricain.

La politique indigène de Vaudreuil

Y a-t-il chez Vaudreuil et les Canadiens une politique indigène s'intégrant dans cette vaste stratégie? Le Commandant Cousine et M. Romet (18) n'ont pas manqué d'en souligner l'ambiguïté.

Avec la renaissance du conflit franco-anglais au Canada, les tribus consti- tuent un appoint considérable en cas de guerre. Si les Indiens domiciliés, c'est-à- dire fixés dans des villages de colonisation peuvent être considérés comme des forces auxiliaires, les tribus amies jouent le rôle d'alliés. Restent les cinq Nations iroquoises qui constituent une sorte d'État tampon entre territoires français et

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