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anglais. Le flou du traité d'Utrecht a pu laisser croire à une subordination des Iroquois aux Anglais. Leur alliance serait utile, leur neutralité tout au moins pri- mordiale. Le Commandant Cousine cite cette phrase caractéristique de Vau- dreuil: "Je ne me suis jamais flatté de déterminer le gros des Cinq Nations à faire la guerre aux Anglais. Je me suis attaché à les diviser et à saisir toutes les occa- sions pour les faire frapper". Et c'est ainsi qu'il s'efforce de persuader Goyon- gouins et Isonnontouans de venger les Loups attaqués par les Anglais. Quand le rapport des forces paraît tourner en faveur des Anglais, Vaudreuil et les Cana- diens tentent de se présenter aux autochtones en garants de leur autonomie: "faire admettre aux Sauvages que s'ils n'étaient pas sous la protection des Fran- çais, ils seraient bien vite réduits a l'esclavage" (19). Il s'ensuit un plus grand libéralisme vis-à-vis des tribus dont on ne surveille plus les migrations et qu'on ne cherche plus à fixer prés des postes, étant plus soucieux de leur indépendance dans l'alliance française. Car l'aide des "Sauvages" était indispensable pour conserver la maîtrise des pays d'En-Haut et pour lancer des raids apportant ter- reur et découragement chez l'ennemi. Ils étaient un des instruments de la guerre à la canadienne.

La tactique "à la canadienne"

Vaudreuil n'innove pas. Il préconise toujours les procédés utilisés par tous ses prédécesseurs "empiriquement adaptés au terrain, au nombre et aux aptitudes des combattants disponibles", c'est-à-dire, à l'origine, les miliciens et les Indiens, renforcés ensuite par les troupes de la Marine dont les officiers, le plus souvent canadiens, ont permis l'adaptation. Depuis un siècle, les miliciens ont prouvé leur efficacité. Non dénués d'un esprit militaire forgé dans l'adversité, ils savent opérer en plein hiver, supporter le climat, se lancer comme les Indiens dans de longs raids a travers les bois, utiliser les voies d'eau, seuls moyens de communi- cation. Bons tireurs, car bons chasseurs, ils ne sont pas, par contre, aptes à la bataille rangée, au combat en ligne. C'est de l'infanterie légère pratiquant l'em- buscade puis l'esquive loin de ses bases, rapide dans ses déplacements, sachant se passer de lourde logistique, menant une guerilla à base de surprise.

"Somme toute, conclut justement le Colonel Michalon, ils transposent sur la terre ferme les procédés corsaires de la guerre de course maritime et pra- tiquent, avant la lettre, l'approche indirecte".

Ces méthodes de combat avaient jusqu'alors prouvé leur efficacité contre des milices américaines très supérieures en nombre, mais dépourvues de cet es- prit militaire et de cet entraînement qui faisaient la force de la milice canadienne.

Qu'en adviendrait-il face aux gros bataillons anglais?

Les conceptions de Montcalm et des Troupes de Terre

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