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raids en territoire ennemi. Après quelques jours passés sur le "chemin des Agniers", il s'attire, dès juillet 1756, ce compliment de Montcalm: "Je ne crois pas qu'il y ait beaucoup d'officiers supérieurs en Europe capables de faire de pareilles courses a pied" (20).

Néanmoins on veut affirmer que, tant dans la stratégie qu'il préconisera jusqu'a sa mort, que dans la tactique utilisée et les projets d'organisation des troupes du Canada, Montcalm (et son État-Major, composé uniquement d'offi- ciers de troupes de Terre) reste fidèle à son expérience de la guerre continentale.

Il rejette comme "illusion" la vaste stratégie de Vaudreuil s'accrochant aux Pays d'En-Haut. Il préconise de s'en tenir à la défense du coeur du Canada en barrant le plus solidement possible le haut Saint-Laurent, en faisant effort sur les accès Est et Nord-Est. Si, comme Vaudreuil, il estime que le sort de Louisbourg est entre les mains de la Marine, il ne se désintéresse pas de sa défense rappro- chée et veut faire effort sur le bas Saint-Laurent. S'estimant, malgré ses victoires de Chouaguen, William-Hency et Carillon, de plus en plus contraint à la défen- sive, il confie à Bougainville le soin de défendre à Versailles ses réflexions sur les moyens de défendre le pays dont le. Colonel Michalon tire le suc: "contrac- tion du périmètre à tenir, attente en position centrale, aménagement d'une possi- bilité de retraite honorable en cas de bataille malheureuse."

Il faut dire qu'il appliquait en cela les instructions de la Cour. Déjà Dies- kau savait devoir se tenir sur "la plus stricte défensive". Quant à Montcalm, son ministre lui avait recommandé de "n'être que Fabius et non Annibal".

De même la Cour rappellera à Montcalm les termes des instructions'. concernant le maniement des troupes, c'est-à-dire un rappel aux règlements en vigueur en Europe. Toutes les opérations menées personnellement par Mont- calm, malgré l'hétérogénéité des troupes engagées (seule la bataille de Carillon est menée presque exclusivement avec des troupes de Terre), présentent les ca- ractères classiques de la guerre en Europe: gros souci de la logistique, avance par étages successives, construction de retranchements, combat par le feu a l'abris de ceux-ci, ouvertures de tranchées et parallèles devant un fort assiégé, etc...

Mais ce n'est pas choquant, et cela réussit même, car l'adversaire anglais est du même pied et fait la même guerre. Montcalm y est plus habile, sauf la seule fois où, se départissant de sa prudence méthodique, il rompt avec ses habi- tudes et attaque en rase campagne le 13 septembre 1759, ce qui lui sera fatal.

Il est toutefois un domaine où Montcalm et ses conseillers peuvent à juste titre, mériter le reproche d'inadaptation obtuse aux conditions canadiennes. C'est dans leur volonté d'intégrer les miliciens aux troupes de Terre.

Le Colonel Michalon montre que Vaudreuil fait confiance aux aptitudes

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