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naturelles des hommes mis à sa disposition pour combattre. C'est pourquoi il tient à les soustraire à l'autorité directe des officiers des troupes de Terre, en les groupant en unités locales dont les cadres sont du pays ou des officiers des TDLM adaptés au pays et adoptés par lui. Ainsi, non intégrées aux troupes de Terre, unités de miliciens et campagnes de TDLM combattent aux côtés de cel- les-ci, au mieux de leurs possibilités.

Montcalm reconnaît le courage des miliciens. Aussi voudrait-il les utiliser en unités régulières, ce qui permettrait, selon lui, d'exprimer pleinement leur efficacité. "J'en ferai en six mois des grenadiers", tel est son rêve. A la fin de 1758, il propose à Versailles d'incorporer dans chaque compagnie des troupes de Terre, quinze miliciens "qui prennent l'esprit militaire et fassent le même service que nos soldats". Malheureusement, la Cour approuva. On sait ce qu'il en advint sur le plateau d'Abraham, quand les miliciens, intégrés dans les bataillons régu- liers, tirant selon la méthode canadienne inconnue dans les troupes de Terre, déclenchèrent la panique qui coûta la vie à Montcalm.

Cette conséquence, mortelle, d'une volonté d'assimilation toute métropoli- taine de la réalité canadienne, nous conduit tout naturellement à poser la ques- tion fondamentale: quel est le poids, sur la dégradation de la situation et l'évolu- tion des opérations au Canada, de ce conflit de deux sociétés si différentes dans leurs plus profondes expressions (n'est-ce pas Bougainville qui écrit:

"il semble que nous soyons d'une nation différente, ennemie même" (21) ?): la société canadienne et la société métropolitaine qui s'exprime, au Canada, à tra- vers les officiers des troupes de Terre.

LE CONFLIT DE SOCIÉTÉS ET L'ÉVOLUTION DES OPÉRATIONS

Pour répondre à cette question, il est indispensable de faire quelques cons- tatations.

Il est incontestable qu'il y a, au Canada, unité de commandement. Les di- rectives royales établissent nettement la subordination totale en matière opéra- tionnelle du commandement des troupes de Terre au gouverneur général:

"Le sieur marquis de Montcalm n'aura qu'à exécuter et faire exé- cuter par les troupes qu'il aura sous son commandement tout ce qui lui sera ordonné par le gouverneur général. Et c'est tout ce que S.M. a à lui prescrire elle-même à cet égard" (22).

Le Colonel Michalon peut pertinemment affirmer que la marge d'initiative opérationnelle de Montcalm est donc réduite a zéro, a moins que dans le do- maine tactique, le gouverneur ne consente à lui confier le commandement d'une expédition dont lui, gouverneur, fixe seul l'objectif et les moyens.

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