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    • 1759.

      Elles légitiment les sévères critiques adressées par Montcalm au plan

d'opérations de Vaudreuil pour 1759. Sont-elles la raison essentielle de la révi- sion partielle de ce plan par le gouverneur, quand, suivant les conseils de Mont- calm, il décide de porter l'effort principal de défense sur Québec? Plus que Louis XV, la menace anglaise, si insistante depuis la prise de Louisbourg en 1758, n'est-elle pas à la source de cette révision déchirante?

Il faut enfin constater que, si Montcalm et ses officiers des troupes de Terre, fidèles à leurs principes, mènent une guerre à l'européenne, sans grand souci d'adaptation au théâtre d'opérations américain, leur adversaire principal fait de même. Pendant un siècle, les milices canadiennes sont parvenues à défendre leurs frontières contre un amalgame de milices des colonies anglaises, nettement inférieures en qualité, bien que dix fois supérieures en nombre. Mais en 1755 les forces régulières anglaises font leur apparition en Amérique. Les données sont changées. La Cour de Versailles s'en rend compte aussitôt puisque, des l'annonce de l'envoi de ce corps expéditionnaire, elle décide de renforcer le Canada avec les troupes de Dieskau. Ce sont donc désormais deux armées de style européen qui s'affrontent en un territoire exotique et qui imposent, de facto, leur manière de faire la guerre.

Se demander comme certains l'on fait: "que serait-il advenu si la France avait soutenu l'effort de guerre de la Nouvelle-France en munitions, vivres, vais- seaux et avait renforcé les troupes de la Marine et les milices canadiennes?" (25) pose en fait un problème capital, qui échappe à l'investigation de cette synthèse et fait l'objet d'une communication particulière: la capacité de la Marine fran- çaise à assumer une telle mission.

Il faut donc réduire à sa juste mesure l'impact des conflits de sociétés que nous avons analysés, sur l'évolution de la situation au Canada pendant la guerre de Sept-Ans. C'est en fait l'Anglais qui mène le jeu, qui impose sa supériorité sur mer et en Amérique parce que, pour lui, la possession du Canada est détermi- nante pour le développement des treize Colonies et par conséquent pour la do- mination du commerce atlantique. Le gouvernement français fait effort ailleurs et adopte pour le Canada une attitude plus que défensive, tandis que l'opinion "éclairée" française envisage le sort du Canada avec un détachement condescen- dant.

En fait, il est indispensable de remarquer que le conflit n'est pas colonial dans le sens courant du terme (assurer la domination d'un peuple européen sur des indigènes). C'est un conflit qui oppose directement deux nations européennes sur un théâtre d'opérations dont l'importance est appréciée différemment par les acteurs: capitale pour Vaudreuil et les Canadiens, essentielle pour les Anglais, marginale pour les troupes de Terre et Versailles. Et parce que c'est un conflit européen, les nations indiennes n'y jouent qu'un rôle accessoire. Elles ne sont pas l'objet fondamental de la campagne. Certes Vaudreuil recherche leur alliance -- à

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