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successivement occupé par Moras, Massiac, Berryer.

Aucun d'entre eux ne réussira à combattre efficacement les vices d'une administration extrêmement lourde qui absorbe 700 officiers sur 900. L'efficaci- té de la Marine souffre encore de l'opposition entre officiers et administrateurs, entre officiers "rouges" issus des Gardes et officiers "bleus" recrutés à titre contractuel. Quant aux chefs d'escadre, pour la plupart très âgés et sceptiques, ils trouvent dans l'application stricte des instructions pour le combat reposant sur le respect de la ligne de file la justification de leur inertie, de leur manque d'esprit offensif, voire tout simplement de leur lâcheté.

On ne peut nier encore que de 1756 à 1761 la France se soit heurtée à une pénurie de troupes, compte tenu de l'engagement sur le continent et de la néces- sité de défendre un vaste littoral contre les "insultes" britanniques. Dans le même temps, la Marine nettement surclassée par la Royal Navy, soumise à un blocus de plus en plus efficace, n'est pas en mesure d'assurer des opérations importantes à grande distance. Ainsi, la France se trouve-t-elle pratiquement condamnée à sacrifier un vaste domaine colonial, par suite de son impréparation maritime et en raison surtout d'une stratégie trop nettement orientée sur le continent.

Cette vision est donc loin d'être fausse. Il est exact que la guerre continen- tale a absorbé des effectifs considérables de l'ordre de 150,000 hommes. Les entreprises britanniques sur les côtes, même si elles se sont révélées très coûteu- ses et si elles ont parfois sombré dans le ridicule, n'en ont pas moins immobilisé, en dehors des unités de milice impropres à la grande guerre, 134 bataillons d'in- fanterie et 56 escadrons de cavalerie appartenant à l'armée régulière.

Le système maritime britannique de surveillance à distance, puis de blocus rapproché a constitué une entrave sévère confinant parfois à la paralysie pour les escadres de Brest, Rochefort ou Toulon. Cette stratégie s'est révélée d'autant plus efficace que la Royal Navy disposait avec 140 vaisseaux d'une écrasante supé- riorité numérique sur la Marine française qui n'a jamais pu en armer plus de 50. Sa maîtrise de la mer a permis enfin à Pitt d'accomplir un effort énorme au Ca- nada, OÙ l'armée britannique a pu aligner près de 60,000 hommes alors que Vaudreuil et Montcalm, en y comprenant les milices locales, n'ont jamais pu disposer de plus de 15,000 combattants.

Des corrections s'imposent cependant. L'effort militaire sur terre n'était pas tel que quelques bataillons supplémentaires n'aient pu être envoyés au Canada, d'autant plus qu'à partir de l'arrivée de Choiseul aux Affaires Étrangères, en dé- cembre 1758, un désengagement est intervenu dans les affaires continentales. Enfin, la surveillance maritime britannique n'a jamais été absolue et jusqu'à la fin de la guerre, des formations parfois importantes ont pu prendre la mer. En fait, trois grandes phases sont à distinguer à l'égard de la défense du Canada, que l'on ne peut isoler de la politique militaire générale.

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