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A la faveur de la période trouble de la guerre non déclarée, la France a ré- ussi ainsi à faire passer 6,000 hommes de troupes régulières au Canada. Mais, par la correspondance adressée à Versailles, lors du départ de la petite escadre de Baussier de l'Isle, le gouverneur Vaudreuil juge ces renforts insuffisants. Il ré- clame 2,000 hommes supplémentaires et insiste pour que l'envoi de troupes soit en rapport avec le renforcement du contingent britannique dans les colonies d'Amérique.

Cet appel ne sera pas entendu. Dans l'imminence des hostilités qui vont se produire en mai 1757 avec la déclaration de guerre de la France à l'Angleterre, le gouvernement de Versailles, indépendamment des besoins des armées engagées sur le continent, se refusera à courir le risque, compte tenu de la supériorité na- vale britannique, de faire traverser l'Atlantique à des transports lents et vulnéra- bles ou à des navires de guerre transformés en flûte, c'est-à-dire privés de l'es- sentiel de leur armement. Pour le gouvernement royal, le sort du Canada va se jouer sur les champs de bataille européens. Sur place, la stratégie ne peut être que défensive. Aidées par les milices, les troupes régulières doivent barrer l'ac- cès à la vallée de l'Ohio et à Montréal par l'Hudson et le lac Champlain.

Cette stratégie implique cependant un effort naval important. C'est à la Marine d'assurer la défense du bas Saint-Laurent, en préservant Louisbourg, qui en commande l'accès. Dès son arrivée à Québec, Levis a fort bien vu le pro- blème: "Toutes les forces de ce pays ne peuvent rien faire pour le bas du fleuve Saint-Laurent. C'est à nos forces navales d'Europe à nous tenir cette porte ou- verte, sans quoi nous passerions mal notre temps". Pour remplir cette mission, la Marine devra, à la faveur de la belle saison, réaliser à partir de France de fortes concentrations au large de l'Ile Royale de manière à interdire une opération am- phibie britannique montée depuis Halifax ou New York.

Cette stratégie va s'identifier à la deuxième phase de la guerre menée pour la défense du Canada. Au prix d'un effort considérable, mettant en jeu plus de la moitié de ses forces disponibles, la marine française, va réaliser ainsi, en 1757 et 1758, deux concentrations successives. La première intervient au début de 1757. A l'annonce d'un armement britannique considérable, qui comprendrait 16 vais- seaux, de nombreux transports, 7,000 à 8,000 hommes et un énorme train d'artil- lerie, trois escadres appareillent successivement des ports français.

La première, sous les ordres du Chevalier de Baufremont avec 5 vaisseaux et 2 frégates, quitte Brest le 30 janvier. Après une escale à Saint-Domingue, du 19 mars au 4 mai, elle arrive à Québec le 30 mai. La deuxième escadre du Capi- taine de Vaisseau du Revest part de Toulon le 18 mars, franchit Gibraltar malgré la surveillance de Saunders et entre à Louisbourg le 19 juin. Quant à la troisième formation, la plus importante, forte de 9 vaisseaux et 4 frégates, elle appareille de Brest le 3 mai, sous les ordres de Dubois de la Motte destiné au commande-

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