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ment de l'ensemble. Elle arrive également à Louisbourg le 19 juin. Ainsi se trouve réalisée, avec 18 vaisseaux et 5 frégates, une des plus importantes concentrations réalisées depuis longtemps par la Marine royale.

Dubois de la Motte va rester à Louisbourg jusqu'à la fin octobre. Au cours de ce séjour, il prend les dispositions nécessaires pour faire face à une éventuelle opération amphibie anglaise. Avec 9 vaisseaux disposés en demi-cercle en tra- vers de la passe et appuyés par des canots estimés à repousser les brûlots, il pré- serve la baie d'une tentative de forcement. En même temps, il répare et complète les défenses avec les canons de l'escadre et fait débarquer près de 900 hommes de troupes de Marine pour assurer la protection du littoral Nord de la rade.

Le comportement de Dubois de la Motte reste ainsi strictement défensif. Après quelques hésitations et en dépit de la qualité de ses renseignements, il renonce à attaquer la flotte britannique de l'Amiral Holburne composée de navi- res de guerre et de bâtiments de transport qui, après une traversée interminable depuis l'Angleterre, se présente en échelons devant Halifax, du 1er au 9 juillet. Dubois de la Motte aurait pu remporter ainsi un succès important dont les consé- quences auraient pu être énormes pour la suite de la défense du Canada.

En tout cas, le succès de la concentration française de l'été 1757 n'en sauve pas moins Louisbourg. A Halifax, l'Amiral Holburne et le commandant des trou- pes Lord Loudon disposent bien de forces importantes: 17 vaisseaux, 16 fréga- tes, 2 galiotes à bombes, un brûlot, de nombreux transports et 15,000 soldats. Mais, compte tenu des moyens français, l'Amiral s'oppose à une tentative de débarquement. A la nouvelle de la défaite anglaise du Fort William Henry, il fait débarquer le gros des troupes à New York au milieu du mois d'août et à la tête de son escadre, Holburne se contente d'observer Louisbourg avec l'espoir d'inter- cepter les navires adverses quand ils tenteront de regagner la France.

Ce plan va être déjoué. Le 24 septembre, un terrible ouragan inflige des pertes et des dégâts considérables à l'escadre anglaise obligée de renoncer à tout blocus jusqu'à la fin de la saison. Cet accident permet à Dubois de la Motte de quitter Louisbourg le 30 octobre à destination de la France. Sa mission s'est donc soldée par un résultat bénéfique. Les Anglais ont dû renoncer à leur plan offensif contre Louisbourg et Québec. Le Bas Canada bénéficie d'un sursis d'un an. Mais, le retour de l'escadre compense en partie ce succès. Une terrible épidémie de typhus qui a commencé à exercer ses ravages avant le départ provoque une mor- talité effrayante à bord des bâtiments. C'est une escadre fantôme qui regagne Brest le 23 novembre. Pour aggraver les choses, l'épidémie va se transmettre alors à la population du port et causer la mort de plus de 10,000 personnes en quelques semaines. Pendant plus d'un an, les effets de la maladie vont contribuer à réduire considérablement les armements à partir de Brest.

En dépit de ce mécompte, le Cabinet de Versailles décide de pratiquer la

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