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même politique pour l'année 1758. Une nouvelle concentration mettant en jeu 22 vaisseaux et 9 frégates permettra de sauvegarder encore l'Ile Royale et de répon- dre a la nouvelle tentative britannique. C'est le gros des forces disponibles de la Marine qui est à nouveau mis en jeu. Mais, cette fois-ci, Toulon va accomplir l'effort principal, étant donné la situation lamentable de Brest.

Mais contrairement à ce qui s'est passé l'année précédente, la concentration de 1758 va tourner à l'échec, quoique portée à 11 vaisseaux et 2 frégates, l'esca- dre de Toulon sous les ordres de La Clue ne peut sortir de la Méditerranée et franchir le barrage anglais. Elle doit rentrer à Toulon. Sur les 5 autres divisions qui appareillent de Brest ou de Rochefort et qui comptent 15 vaisseaux et 7 fré- gates, seuls 6 vaisseaux et 4 frégates sous les ordres du Marquis des Gouttes réussissent a atteindre Louisbourg. L'échec français tient au raid de Hawke de- vant Rochefort et aussi au blocus britannique établi devant l'Ile Royale qui a obligé la division Duchaffault forte de 5 vaisseaux et une frégate à renoncer à entrer à Louisbourg et à gagner le Saint-Laurent. De fait, pour la première fois depuis le début des opérations au Canada, les Anglais ont maintenu 7 vaisseaux vendant l'hiver à Halifax et ont pu ainsi établir des croisières dès la fonte des glaces.

La faiblesse de l'escadre du Marquis des Gouttes ne permet pas de s'oppo- ser à l'opération amphibie britannique qui met en jeu les 22 vaisseaux, les 15 frégates et les 120 transports de la flotte de Boscawen portant les 12,000 hom- mes de troupes commandés par Wolfe. Le débarquement sur l'Ile Royale inter- vient le 8 juin et dix jours plus tard, les Anglais entreprennent le bombardement de la place forte et de la rade. Restés à Louisbourg sur ordre du gouverneur de l'île, les navires avant d’être sabordés dans la passe, incendiés ou pris ne peuvent que prolonger une` résistance qui cesse le 26 juillet. Une seule frégate réussit a échapper au désastre et a regagner la France.

La chute de Louisbourg constitue un tournant capital dans la guerre d'Amérique du Nord, même si la saison est trop avancée pour entreprendre l'at- taque de Québec. A partir de l'Ile Royale, les Anglais sont en mesure, non seu- lement de contrôler l'estuaire du Saint-Laurent mais de menacer directement Québec. En outre, malgré la victoire de Ticonderoga (Fort Carillon) remportée, le 8 Juillet, par Montcalm contre Abercromby, les Anglais réussissent à s'empa- rer de Frontenac et à contrôler le lac Ontario, en attendant au mois de novembre, l'évacuation par les Français du Fort Duquesne. La situation du Canada est en- core aggravée par le conflit entre le gouverneur et Montcalm et par la concussion entretenue par l'intendant Bigot.

Levis est alors sans illusion: "La situation devient chaque jour plus critique et la besogne plus difficile. Les forces des ennemis sont très considérables et nos- secours nous parviendront beaucoup plus difficilement à cause de la prise de Louisbourg". Quittant Québec à bord de l'escadre de Duchaffault qui réussit à

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