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Choiseul a, en effet, mis au point un plan de "descente" grandiose. Sous la pro- tection des escadres de Brest et de Toulon, qui auraient effectué auparavant leur jonction, deux débarquements successifs interviendraient, le premier en Écosse à l'embouchure de la Clyde et le second sur la côte du Suffolk, mettant en jeu une armée réunie en Bretagne sous d'Aiguillon et une autre en Flandre sous Chevert.

Ce plan de guerre se trouve exprimé dans les instructions que Bougainville remet à Vaudreuil, lors de son retour au Canada. La situation de la colonie est parfaitement connue du roi. "Que Sa Majesté serait disposée à y envoyer tous les secours demandés, mais que la continuation de la guerre en Europe, les trop grands risques de la mer et la nécessité de réunir ses forces navales ne permettent pas de les séparer dans le moment présent et d'en hasarder une partie pour procu- rer au Canada des secours incertains qui seront employés plus utilement et pour le soulagement de la colonie, à des expéditions plus promptes et plus décisives".

Après cette allusion au projet de débarquement en Angleterre, le Gouver- neur est invité à maintenir un bastion au Canada, même s'il doit se réduire au Haut Pays. "L'objet principal que vous ne devez pas perdre en vue doit être de conserver au moins une portion suffisante de cette colonie et de vous y maintenir pour pouvoir se promettre d'en recouvrir la totalité à la paix". A la lumière de la bataille de Fort Carillon (Ticonderoga) remportée l'année précédente et dont l'effet a été considérable à Versailles on compte pouvoir atteindre cet objectif. Les deux frégates commandées par Vouquelin et arrivées avec Bougainville par- ticiperont à la défense du Saint-Laurent et des approches de Québec. Cette parti- cipation est jugée d'autant plus efficace, que la remontée du fleuve par une esca- dre anglaise importante passe pour impossible en l'absence de pilote et de bali- sage.

Le plan de Choiseul va se solder par un échec total. Dans les mers d'Eu- rope, la concentration des forces françaises ne peut se réaliser. Interceptée par Boscawen, au large de Gibraltar, l'escadre de Toulon sous les ordres de La Clue subit le désastre de Lagos (20 août). Six vaisseaux seulement sur douze échap- pent à la destruction et se trouvent neutralisés à Cadix. Devant ce mécompte le plan de débarquement est réduit et se limite à une descente sur les côtes de Cor- nouailles. Mais ce projet échoue définitivement après la journée de Monsieur de Conflans du 20 novembre 1759. Attaquée par Hawke en pleine tempête par le travers des Cardinaux, l'escadre de Brest est dispersée et perd 9 vaisseaux sur 21. De toutes manières, le débarquement reposant sur la surprise n'avait pratique- ment aucune chance de réussite, en l'absence d'une maîtrise au moins temporaire de la Manche et des Mers du Nord que la Marine française trop inférieure en nombre et en quantité était incapable d'obtenir sur la Royal Navy.

L'année 1759 se solde enfin par la chute de Québec qui sonne le glas de la résistance du Canada. Au départ la défense de Québec repose sur le fétichisme de la position, le sentiment de sécurité trompeur avéré chez les Canadiens qu'une

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