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flotte de ligne ne pourrait remonter les 75 derniers milles du fleuve, depuis l'Ile aux Coudres, sans pilotes locaux, ni marques de navigation. Ce sentiment s'ap- puyait sur les mécomptes enregistrés par l'Amiral Walker qui, le 22 août 1711, avait perdu à l'embouchure du fleuve sur les récifs des Sept lies huit transports montés par 900 hommes. Fort de ce précédent, Dubois de la Motte n'avait pas osé en 1755 franchir la Traverse avec un vaisseau de 70 canons.

En fait, l'escadre de Durell précédant la force de Saunders portant le corps de débarquement de Wolfe, devait montrer que la sécurité de Québec reposait sur une illusion. Après avoir passé dix jours à l'Ile aux Coudres, Durell réussis- sait à atteindre le 14 juin l'Ile d'Orléans avec trois vaisseaux et une frégate. Il est vrai qu'il avait bénéficié du concours comme pilote d'un transfuge. Denis Vitré, Canadien d'origine, ex-capitaine d'une frégate française, fait prisonnier au début de la guerre avait accepté de guider l'escadre britannique. Durell entreprit alors de baliser le chenal permettant ainsi à l'escadre de Saunders forte de 24 vais- seaux, 22 frégates, 70 transports, 122 cutters, 13 baleiniers et 17 navires à fond plat de remonter à son tour le Saint-Laurent et de se présenter devant Québec le 28 juin. Dès lors, le contrôle naval anglais dans le Saint-Laurent devait permettre d'établir une liaison mouvante entre les trois positions (Montmorency, Orléans et Levis) occupées par les troupes de Wolfe et permettre la surprise stratégique du 12 septembre qui allait conduire à la bataille du plateau d'Abraham et à la chute de Québec.

En définitive, les raisons d'ordre général ne suffisent pas à expliquer l'in- capacité française à assurer la défense du Canada, face à un effort anglais excep- tionnel, il faut bien le dire. Certes, la guerre continentale a exigé un effort consi- dérable au détriment de la Marine déjà mal préparée à sa tâche avant le début des hostilités. Il n'en reste pas moins que des liaisons maritimes ont pu être mainte- nues avec le Canada jusqu'en 1759. L'année suivante encore cinq bâtiments des- tinés à soutenir la résistance de Montréal réussiront encore à pénétrer dans le Saint-Laurent. Ils débarqueront dans la baie des Chaleurs du matériel, des vivres et formeront un corps de 900 hommes.

Faute de pouvoir utiliser régulièrement et en toute quiétude les routes ma- ritimes à la manière des Anglais, les Français avaient utilisé le système de divi- sions appareillant de ports différents, à la fin de la mauvaise saison, profitant des conditions météorologiques favorables, brumes, tempêtes pour échapper aux croisières adverses et empruntant encore la route du Nord plus rapide que celle du Sud utilisée par les convois britanniques. Les traversées françaises étaient ainsi plus rapides que celles des Anglais permettant de devancer la mise en place du blocus. En 1755, Dubois de la Motte franchit ainsi l'Atlantique en 27 jours alors qu'il en faut 37 à Boscawen et 40 à Holburne. En 1757, si la traversée de Dubois de la Motte est de 46 jours, celle de Holburne en est de 62. En 1758 en- core, les passages français s'effectuent en 24 (Beaussier), 40 (Breugnon) ou 27 jours (Duchaffault) contre 74 pour Boscawen.

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