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La conduite des opérations sur place a également son importance. En 1757, Dubois de la Motte en dépit du commandement d'une escadre de 18 vais- seaux et de 5 frégates fait preuve d'une circonspection excessive et renonce à attaquer le convoi britannique qui se présente en ordre dispersé à Halifax. L'âge joue son rôle. L'Amiral a dépassé 75 ans. Il est également lié par des instructions contradictoires conformes à celles que le gouverneur de Versailles ne cesse d'adresser à ses chefs à la mer, à la fin de l'Ancien Régime. Pour garantir l'Ile Royale et Québec, il est admis que le meilleur moyen serait de détruire les esca- dres adverses et que "les avantages d'un combat seraient d'une grande considéra- tion pour la facilité d'une pacification..." Il n'en reste pas moins que Sa Majesté ne lui prescrit cependant pas positivement de les attaquer et qu'elle s'en remet à lui du meilleur emploi "des forces qui lui sont confiées et dont la conservation intéresse si essentiellement celle de la Marine".

En réalité, si la chute de Louisbourg constitue un premier tournant dans l'histoire de la guerre au Canada, le tournant décisif intervient l'année suivante avec une révision complète de la stratégie française. Tous les moyens terrestres et maritimes sont réservés au projet de descente en Angleterre, alors qu'il aurait été probablement possible de faire parvenir à Québec des vivres et quelques mil- liers d'hommes de renforts. Le plan de descente conçu en dehors de toutes les règles de la guerre navale devait avoir les conséquences les plus funestes pour le Canada et la Marine elle-même. Il est difficile maintenant d'en dire davantage. L'arrivée de quelques renforts aurait-elle permis de conserver le coeur du Canada jusqu'à la paix ou de prolonger simplement une agonie?

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