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L'OEUVRE DE FAIDHERBE: AUTOUR DE MÉDINE

Faidherbe, nommé gouverneur du Sénégal en 1854, fut l'un des premiers à poser le principe de l'occupation effective; pour y parvenir, il projeta la création d'une voie de pénétration échelonnée de forts. Il décida d'édifier le premier éta- blissement à MÉDINE, à la fois pour protéger l'important commerce de ce comptoir, pour neutraliser les armées d'El Hadj Omar et pour servir de base à une expansion vers le Niger. (1) Le fort de Médine, dont les travaux furent ache- vés le 5 octobre 1855, consiste en un bâtiment de pierres ayant la forme d'un quadrilatère; placé sur la haute berge du Sénégal et entouré de murs, il était pourvu de quatre canons et défendu par une petite garnison de 7 européens, 22 soldats noirs et 36 laptots; le traitant Paul Holle, un mulâtre de Saint-Louis en était le commandant.

En plus de la construction du nouveau fort de Médine, Faidherbe fit ren- forcer les établissements de BAKEL et de SÉNOUDÉBOU fondés quelques années plus tôt. Bakel était à l'époque le plus important entrepôt de commerce du Haut-Fleuve; le fort occupe une position stratégique: au centre d'un cirque fermé par des collines qui commandent le fleuve, il est construit sur un monti- cule rocheux; l'édifice principal est un vaste bâtiment en pierres, entouré de hautes murailles à créneaux. Bakel, considérablement renforcé, devint alors le plus important poste militaire du Haut-Fleuve; l'établissement était à l'abri des tentatives d'une troupe dépourvue d'artillerie, ce qui permit à sa garnison de tenir en échec, en 1886, les armées du conquérant Soninté Mamadou Lamine. (2) Situé au bord de la Falémé, Sénoudébou était aussi un point militaire et commercial important, un maillon de premier plan dans la stratégie Faidher- bienne; le poste, renforcé par une enceinte carrée en maçonnerie pouvant contenir une vingtaine d'hommes, permettait à la fois de neutraliser El Hadj Omar et de prévenir de possibles infiltrations à partir du territoire anglais de Gambie.

Le conquérant Toucouleur était conscient du grave danger que consti- tuaient pour lui les forts français de Médine, Bakel et Sénoudébou; non seule- ment ils lui enlevaient le contrôle d'un vaste territoire, mais encore ils consti- tuaient un sérieux obstacle dans son rêve d'expansion vers l'Ouest et d'accès à la mer (3), ils verrouillaient de façon hermétique aussi bien la navigation que les pistes dont l'itinéraire obligé est la vallée du fleuve. El Hadj Omar se voyait ainsi coupé de sa patrie, le Foutah Toro, source de recrutement des talibés * qui assu- raient l'encadrement de ses armées. Il lui fallait donc anéantir au plus vite ces

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    Terme d'origine arabe désignant les lieutenants et disciples d'El Hadj

Omar.

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