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"maisons de pierres des toubab" ** afin de réaliser son grand rêve d'empire théocratique. Il chercha donc à entrer en collusion avec Sambala roi du Khasso et allié des Français, pour s'emparer plus facilement du fort de Médine et en faire sa propre place d'armes; n'ayant pas pu trouver une oreille complice, il décida d'employer la manière forte. En bon stratège, il choisit judicieusement le mo- ment du déclenchement des hostilités, en pleine saison sèche, alors que la baisse des eaux du fleuve coupait Médine de ses bases sénégaliennes. (4)

L'assaut contre le fort fut lancé le 21 avril 1857. El Hadj Omar avait aupa- ravant déclaré à ses hommes que les canons, si redoutés par eux, ne pourraient rien contre de vrais croyants. (5) L'artillerie s'avéra cependant comme l'arme décisive qui causa des ravages parmi les assiégeants; El Hadj Omar décida alors de renoncer aux attaques de vive force pour assurer le blocus de Médine et affa- mer les assiégés. Un véritable camp retranché occupé par 6,000 personnes, fut élevé à l'intérieur même des lignes de défense du fort. Il fallut attendre le 18 juil- let 1857 pour que Faidherbe, à la faveur de la remontée des eaux du fleuve, vienne débloquer la situation.

Médine apparaît comme le symbole de la suprématie militaire de la France. Pour les Français, il était établi qu'une petite garnison, retranchée dans un fort muni d'artillerie, pouvait, dans le cadre des guerres coloniales, tenir en échec des forces adverses cent fois supérieures. Cette réalité, El Hadj Omar aussi l'avait comprise; renonçant à son rêve de "marche triomphale vers la mer", il se tourna résolument vers l'Est où il y avait tant de royaumes à conquérir. De sa défaite à Médine, il conclut cependant à la nécessité de se doter d'une artillerie et de construire des fortifications semblables à celles des toubab: ce sera l'oeuvre de son ingénieur Samba Ndiaye (6) qui saura en particulier rafistoler quelques pièces récupérées sur les Français.

LA JONCTION SÉNÉGAL-NIGER: DE MÉDINE À BAMAKO

Le départ de Faidherbe et la conjoncture en France après la défaite de 1870 avaient contribué à enterrer pendant quelques années la question du Haut- Fleuve; mais dans le dernier quart du XIXe siècle se déchaîne une véritable ra- fale de politique coloniale qui allait précipiter l'achèvement de la conquête. La castramétration apparaît alors comme l'un des soucis majeurs des autorités colo- niales; aussi dès 1881-1882, un directeur des travaux fut spécialement chargé de l'édification des forts. (7)

Après Médine, le premier pas important dans la progression vers le Niger fut l'occupation de BAFOULABÉ. Le fort, achevé en 1880, présente la forme

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C'est par cette formule que les Toucouleur désignaient les forts. Toubab est le terme par lequel on désigne les européens dans de nombreuses régions de l'Afrique de l'Ouest.

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