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d'un rectangle de 60 mètres sur 33; les murs crenelés sur tout le pourtour, sont armés de deux canons de 4 R. de montagne; l'ensemble est entouré par d'immen- ses fossés infranchissables par un ennemi dépourvu d'embarcations. Situé sur la pointe de Bafoulabé, le fort permet d'assurer en même temps la police des deux rives du fleuve et de contrôler les routes commerciales conduisant vers le Bam- bouk, le Foutah Djallon, le Kaarta et même la Gambie; sur le plan militaire il constitue une grave menace pour Ahmadou, pouvant défier les armées Toucou- leur dépourvues d'une véritable artillerie. (8)

KITA devait être la pièce maîtresse du réseau de forts établi par l'armée en conquête coloniale entre Sénégal et Niger. Dès qu'il arriva sur les lieux en 1881, Borgnis Desbordes songea à tirer parti du point stratégique qu'était ce noeud stratégique et qui de surcroît offrait un climat plus salubre; mais le choix de l'emplacement posait quelques problèmes: la montagne de Kita, bien que domi- nant le pays, n'était pas propice; le manque d'eau constituait un obstacle de pre- mier ordre. Il fut alors décidé de construire l'établissement principal dans la plaine et d'aménager sur la hauteur un fortin avec une provision d'eau; (9) le cas de Kita illustre bien l'importance, dans tout le Haut-Sénégal - Niger, de l'alimen- tation en eau dans le choix du site des forts.

L'implantation française à Kita nécessitait au préalable la neutralisation du tata de Goubanko qui assurait, au profit du souverain Toucouleur, le contrôle de tout l'espace géographique environnant; l'artillerie eut rapidement raison de cette forteresse réputée imprenable dans le cadre des guerres traditionnelles. (10) Les travaux purent alors commencer et dès 1882, l'établissement de Kita était opéra- tionnel. I1 se compose de deux enceintes concentriques; l'enceinte extérieure, faite exclusivement en argile a un développement de 780 mètres et une hauteur de 2 mètres; elle est munie de banquettes, de créneaux et de tourelles; tout autour de ce front bastionné, court un fossé large et profond; l'enceinte intérieure, en maçonnerie de pierres à la forme d'un rectangle flanqué par deux bastions carrés; au centre se trouve un bâtiment dont le mur extérieur est muni de créneaux; dans l'espace compris entre les deux enceintes, sont aménagés des jardins et des parcs à boeufs, faciles à surveiller et accessibles en cas de siège.

A Kita donc, les techniciens de la colonisation avaient cherché à tirer parti aussi bien des avantages des fortifications africaines que de ceux des forts mo- dernes; la synthèse était réussie et cette position redoutable, où était concentré le plus grand nombre de pièces d'artillerie de tout le Haut-Fleuve (11) ne fut jamais inquiétée par les armées Toucouleur. Par sa position stratégique et sa puissance le fort de Kita était destiné à servir de base à toutes les opérations futures; il as- surait le contrôle de cinq routes principales sillonnant un vaste territoire: ainsi, Kita apparaît comme la tête de cette ligne de postes qui dans la stratégie de l'ar- mée de conquête, devait couper l'empire Toucouleur, en séparant le Djallonké du Ségou et du Kaarta.

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