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Une autre position occupée par l'armée de conquête est KAYES, point ex- trême de la navigation pratique sur le fleuve Sénégal. Les travaux de construc- tion du fort commencèrent en novembre 1881, mais les installations restèrent longtemps rudimentaires; c'est durant la campagne 1885-1886 dirigée par le Co- lonel Frey que la fonction militaire de Kayes fut sérieusement renforcée; on y édifia une longue muraille crénelée, flanquée de blokhaus et munies de plates- formes; la place était défendue par quatre canons de 4 R. de montagne. Principal point de rupture de charge, Kayes jouait un rôle de premier plan dans la logisti- que de l'armée de conquête coloniale; ce fut aussi le principal centre d'action politique et de propagande de la France dans le Haut-Fleuve. C'est dans cette perspective que le Ministre de la marine donne des instructions sans équivoque:

"Après un mouvement en avant très énergique dans les opérations du Haut-Sénégal, les circonstances nous imposent un temps d'arrêt qu'il im- porte de mettre à profit pour développer notre influence morale sur les po- pulations soumises à notre protectorat. C'est par la connaissance de notre langue que les populations qui environnent nos postes arriveront à entrete- nir avec nous des relations suivies [...] et devenir plus tard des serviteurs dévoués de notre cause. (12)

Déjà se manifeste l'impérialisme culturel qui se concrétise à Kayes, par la création d'une école des otages ou furent envoyés les fils des chefs des États soumis; à Kayes, fut créé aussi un "village de liberté" où étaient installés des captifs rachetés. (13) Au triple point de vue militaire, économique et politique Kayes apparaît à la fin des années 1880 comme un important centre de rayon- nement de la France.

Prévue depuis Faidherbe, la jonction Sénégal-Niger ne fut assurée qu'en 1883, lorsque la France occupa BAMAKO; l'un des objectifs de l'armée de conquête était de s'installer solidement sur le fleuve Niger afin de contenir la progression vers le Nord de Samory Touré. Pour l'édification du fort, le choix du site porta sur une petite éminence, entre le village de Bamako et la montagne de Koulouba; de là on commande aussi bien la navigation sur le fleuve que l'axe routier conduisant vers Kita. Samory était très inquiet de voir les Français s'ins- taller à Bamako; il perdait ainsi le contrôle de la principale ligne de ravitaille- ment en sel et en chevaux; aussi tenta-t-il, avec une rare énergie, de s'opposer à la construction du fort; son armée investit Bamako au moment même où les tra- vaux commençaient; mais ne disposant d'aucune pièce d'artillerie, Samory ne pouvait que prolonger les opérations d'investissement, sans aucune perspective de victoire. Dès le mois d'avril 1883, le fort de Bamako était opérationnel; ayant la forme d'un rectangle de 94 mètres sur 67, il était défendu par toute une com- pagnie de tirailleurs Sénégalais avec leurs cadres Européens. Sur l'échiquier mi- litaire de la région, Bamako était un pion pouvant opérer à la fois contre Samory et contre Ahmadou; à partir de cette position, l'armée de conquête pouvait s'assu- rer la maîtrise de la navigation sur le Niger et pénétrer jusqu'au coeur de l'empire

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