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Quelques années plus tard, en 1888-1889, Archinard fit prévaloir une poli- tique de conquête encore plus systématique et décida de supprimer Ahmadou et Samory. Contre Samory en particulier, il fallait au préalable établir une ligne destinée à l'isoler de la mer l'empêchant ainsi de recevoir des fusils et des muni- tions de Sierra-Leone. (17) C'est pour mettre fin à ce trafic qu'il fut décidé, lors de la campagne 1892-1893, d'établir un poste fortifié à FARANAH, véritable verrou destiné à fermer l'important réseau routier du Sud et de l'Ouest. Pour ren- dre encore plus étanche la garde de cette zone frontalière, trois autres postes fu- rent installés à KÉROUANË, SANANKORO et BISSANDOUGOU.

Samory, dépourvu d'une véritable artillerie, ne tenta aucune attaque de vive force contre ces établissements; on peut donc considérer qu'à partir de 1891, il a perdu le contrôle de tous ses États situés dans le Haut-Niger.

Conclusion

1898 marque la fin de la résistance héroïque: c'est l'année de la prise de Sikasso, le plus puissant tata -- du Soudan occidental -- où le roi Babemba Trao- ré préféra se donner la mort plutôt que de tomber dans les mains des Français. 1898 est aussi l'année de la capture de Samory Touré qui s'était illustré par sa ténacité et son habileté guerrière. Si les résistances furent farouches, héroïques et prolongées, si numériquement les armées africaines l'emportaient de loin sur l'armée de conquête, le facteur technologique aura été l'élément déterminant; à cet égard, la dualité fort-tata apparaît comme un symbole: celui de la "lutte entre le pot de fer et le pot de terre"; si comme nous l'avons vu, les résistants africains ne purent jamais déloger les Français de leurs forts, la puissance de feu de l'artil- lerie parvint toujours à réduire les tata les plus puissants. L'architecture militaire, renforcée par 'autres éléments de la technologie européenne (artillerie, télégra- phe, chemin de fer) apparaît par conséquent comme une pièce maîtresse qui a permis d'assurer à la fin du XIXe siècle, le rapt de l'Afrique au profit de l'impé- rialisme européen.

En 1898 donc, le contrôle de l'espace géographique est assuré par la France, grâce à un véritable réseau de forts qui prend dans ses tenailles tout le territoire du Haut-Sénégal-Niger. Cependant, des poches d'opposition à l'ordre colonial vont subsister pendant de longues années encore, parfois même jusqu'à la reconquête de l'indépendance.

Renvois

1.

F. FAIDHERBE: Le Sénégal, la France dans l'Afrique Occidentale, Paris, 1889, p. 2.

2.

Arch. Nat. du Sénégal. 1 D 81: Campagne Frey au Soudan p. 33.

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