X hits on this document

1124 views

0 shares

0 downloads

0 comments

55 / 367

  • -

    27 -

LA FRANCE ET LE BLOC AFRICAIN, 1830-1934

  • -

    quelques exemples

[Professeur Jean Vidalenc, Vice-président de la Commission française d'Histoire militaire, Château de Vincennes, Vin- cennes (France)]

La conquête d'Alger en juillet 1830 donnait, à la veille d'une révolution pa- risienne, une nouvelle dimension aux entreprises coloniales de la France. Depuis qu'elle avait récupéré en 1815, au congrès de Vienne, la quasi-totalité des pos- sessions perdues pendant les guerres de la Révolution et de l'Empire, elle n'avait guère fait que maintenir avec des effectifs limités, en général quatre bataillons prélevés sur deux régiments demeurant basés en métropole, un ordre relatif dans des îles, antillaises ou dans l'océan Indien, et dans des comptoirs, aux Indes ou au Sénégal. Tout au plus le colonel Schmalz avait-il essayé, en reprenant posses- sion des territoires du Sénégal (en fait Saint-Louis et Gorée), d'étendre un peu ceux-ci, et de développer des ressources nouvelles, la traite de la gomme pour les ébénistes européens demeurant presque la seule ressource depuis que les trai- tés, qui avaient rendu les colonies, avaient aussi prohibé la traite des nègres vers les Antilles ou l'Amérique. L'idée d'utiliser sur place la main-d'oeuvre apportée vers les ports de traite devenus inutiles devait s'ajouter a celle de trouver en Afrique un "autre Saint Domingue" compensant la perte de cette colonie antil- laise, la plus riche de toutes. Elle avait échappé à la France de fait depuis les révoltes noires de la période révolutionnaire accompagnées de l'élimination des Blancs sous le Consulat, et finalement de droit avec la reconnaissance de l'indé- pendance d'Haïti par Charles X en 1825.

1830-1870

L'expédition d'Alger était l'aboutissement d'une longue querelle devenue inextricable par suite des incompatibilités de caractère entre les négociateurs. La prévarication de partenaires jouant sur les ambiguïtés du droit civil français et des lois turques, avait obligé l'état-major français à chercher dans le passé, et particulièrement dans les souvenirs de l'expédition d'Égypte, les solutions qu'il allait transposer de l'autre côté de la Méditerranée, aussi bien sur le plan propre- ment militaire que sur celui des solutions administratives à mettre en oeuvre en pays musulman. Un exemple s'en montra dès avant le débarquement par l'im- pression et la distribution, dès le mois d'avril 1830 d'une proclamation adressée aux populations. En dépit des légères différences de texte, elles s'inspiraient dans les trois versions de la même dialectique adoptée en Égypte, de l'appel à la popu- lation à ne pas se joindre, ici aux Mameluks, la aux janissaires représentant le pouvoir du dominateur turc, les Français promettant en revanche de respecter les propriétés, les biens et la religion. Paradoxalement Bourmont, bien qu'ancien général d'une armée catholique et royale, allait même plus loin que le général républicain Bonaparte en parlant de sainte religion au sujet de l'Islam. L'attitude

Document info
Document views1124
Page views1124
Page last viewedSat Dec 10 07:01:08 UTC 2016
Pages367
Paragraphs3833
Words145620

Comments