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des tribus, apportant malgré tout, leur aide aux Turcs de la garnison d'Alger, remettait tout en question, mais annonçait cependant une conception de la prise de possession du pays par la France qui devait subsister lorsque la Monarchie de Juillet eut décidé de conserver "ce legs onéreux de la Restauration".

L'expédition d'Alger n'avait en effet soulevé de satisfaction réelle en France que dans les départements du Midi, heureux de voir mettre fin au risque non négligeable que représentait, en dépit des accords franco-turcs, la piraterie endémique des Barbaresques, et chez les admirateurs inconditionnels de la poli- tique gouvernementale. Le maintien à Alger avait été décidé surtout pour ne pas fournir aux opposants un prétexte commode pour dénoncer le manque de pres- tige du pouvoir; il n'était pas pour autant populaire et on lui demandait surtout de ne pas être trop coûteux. Ce souci budgétaire allait orienter bien des démarches, au moins initialement, aussi bien par le choix, pendant les premières années de présence sur la côte africaine de la Méditerranée, d'une formule d'occupation restreinte, limitée au littoral, que par la création des premières unités d'auxiliai- res indigènes inspirées d'ailleurs, jusque dans leurs uniformes, des formations analogues de l'armée turque. L'échec de cette solution résulta des difficultés sou- levées successivement par les deux chefs indigènes, le Bey Ahmed de Constan- tine et Abd et Kader l'émir de Mascara, l'un, ancien fonctionnaire turc, l'autre, créé par la France. Ils devaient obliger l'armée à un effort plus important. De nouveaux problèmes apparaissaient de ce fait. Il ne suffisait plus d'aménager des routes, comme le génie n'avait cessé de le faire depuis le débarquement à Sidi Ferruch lorsqu'il avait ouvert la première voie carrossable, empierrée, jusqu'à Alger, mais il fallait aussi ravitailler des unités opérant dans un pays pauvre, souvent insalubre par suite de la malaria, et dont la sécheresse limitait encore les ressources. Le premier souci fut de faire produire aux terres contrôlées le blé et les fourrages qu'il avait fallu amener de France, aussi bien au moment de la prise d'Alger qu'au temps de l'occupation restreinte. On attendit beaucoup des travaux de dessèchement des marais de la Mitidja où le paludisme devait tuer tant de premiers colons. Leurs successeurs furent récompensés finalement par la fertilité du sol conquis au prix de lourdes pertes encore augmentées par l'offensive d'Abd et Kader en 1839. La riposte devait être l'abandon de la politique de limitation des zones occupées par la France au profit d'une extension de la présence et de l'administration française a toutes ces possessions du nord de l'Afrique qui com- mençaient a prendre le nom d'Algérie par extension au pays tout entier du nom des trois ilôts protégeant le port.

L'augmentation des effectifs engagés en Algérie et les besoins de l'inten- dance se traduisirent par la création de troupes spécifiquement africaines plus nombreuses, recrutées en Europe, comme les chasseurs de Vincennes, futurs chasseurs à pied, comme les chasseurs d'Afrique, ou comme la Légion étrangère, et par celles des troupes encadrées par des Français mais engagées sur place comme les zouaves, les tirailleurs ou les spahis. Ces unités furent utilisées par Bugeaud selon une nouvelle méthode adaptant l'armée au pays et aux techniques

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