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de l'adversaire, la faisant "nomade pour combattre un nomade". Le souci de dé- velopper la colonisation en Afrique du Nord avait été au début bercé de l'illu- sion, une fois encore, de trouver la un autre Saint Domingue il fallut des années avant de voir abandonner les essais de plantation du coton ou de la canne à su- cre. On s'orienta ensuite vers les cultures de légumes et d'arbres fruitiers, mais surtout de céréales pour éviter les achats de blé en métropole au prix gonflé par les transports depuis les plaines de l'Aude ou de la Saône. Diverses méthodes furent envisagées avec l'appui des chefs militaires locaux. Le gouverneur général Bugeaud, d'abord peu favorable à l'entreprise algérienne, se fit l'apôtre d'une colonisation militaire, créant des villages de soldats, libérés par anticipation, recevant une maison en dur quand on le pouvait, et à l'intention desquels on avait fait venir des orphelines provençales disposées à ces mariages; les résultats fu- rent limités, et peu probants; en fait les réussites de Fouka et de Mered demeurè- rent des exceptions, les soldats ayant souvent préféré abandonner la culture pour exercer quelque profession artisanale dans les villes dès qu'ils avaient un autre métier avant leur incorporation que celui d'agriculteur. Beaucoup de ces derniers furent mêmes désorientés par les conditions de la culture en Algérie, si éloignée des méthodes de la France septentrionale d'où provenait la plus grande partie des conscrits. Les tentatives d'inspiration saint-simonienne, prévoyant de vastes concessions de terrains a de grandes compagnies qui procéderaient aux travaux d'aménagement routier, de drainage et d'irrigation, avant de concéder les terres à des fermiers employant largement la main-d'oeuvre locale, eurent relativement plus de succès dans les plaines d'Oranie. Mais surtout l'armée avait donné l'exemple, tracé et construit les routes, aménagé les puits, assuré la sécurité, édi- fié même les premiers bâtiments, aussi bien pour les villages de Bugeaud que pour la Trappe de Staouéli, protégée par la reine Marie-Amélie.

L'arrivée de colons et particulièrement de cultivateurs posa très vite un dé- licat problème d'implantation. Les différences, voire les incompatibilités, entre le mode civil français et les traditions locales du droit coranique, l'imbroglio inex- tricable des revendications contradictoires des "fractions" sur les terrains de par- cours des "tribus", les problèmes théologiques des biens des fondations pieuses, les "habous", superposant un droit de propriété à ceux existants sur le plan des familles ou des individus, l'absence de cadastre, s'ajoutaient pour permettre aussi bien les spéculations que les escroqueries, soulevant des incidents entre les indi- gènes, propriétaires, ou usufruitiers, ou se disant tels, et les acquéreurs euro- péens. La protection des colons isolés contre les bandes des émules d'Abd et Kader immobilisait des troupes et alourdissait leur service. L'idée fut alors de distinguer un secteur ouvert à la colonisation, administré selon les principes mé- tropolitains sauf en ce qui concerne le droit privé indigène et un territoire sous le contrôle des "bureaux arabes" où l'administration locale était assurée par les chefs indigènes ralliés, la colonisation y étant interdite, ou limitée à des fonc- tions purement commerciales. Les antécédents de cette politique de Bugeaud ont été très controversés dès sa mise en application. Les colonies militaires ont été attribuées aux souvenirs de l'antiquité romaine, aux vétérans de Sylla ou de Cé-

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