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sar, ou aux "lignes" des cosaques, ou aux soldats paysans de Nicolas Ier, ou aux escadrons de hussards des confins militaires en Hongrie méridionale. Le partage entre territoire civil et militaire a également été attribué aux anciens ou aux Es- pagnols en Amérique, voire aux expériences britanniques aux Indes ou en Amé- rique. Les solutions expérimentées en Algérie sous la Monarchie de Juillet avaient en tous cas soulevé de nombreuses contestations dans les milieux parle- mentaires, surtout préoccupés de la recherche de la solution la moins onéreuse pour le trésor public. On en arrivait à la tribune de la Chambre, où Bugeaud pre- nait souvent place, étant en même temps général et député d'Excideuil en Dor- dogne, à de véritables polémiques portant sur l'économie politique et à des af- frontements entre les partisans d'une colonie de peuplement et las défenseurs d'une politique de mise en valeur agricole.

La Seconde République puis le Second Empire allaient envenimer la que- relle. L'envoi en Algérie d'éléments indésirables ou simplement turbulents après les journées de juin 1848 et après le coup d'état du 2 décembre 1851 devait aug- menter le nombre des Français en Afrique du Nord et modifier l'image de mar- que de l'Algérie dans l'opinion française. On la voyait en effet, de façon assez contradictoire, parfois comme un pays de cocagne dont les militaires, ces sup- pôts de l'empereur, refusaient l'accès aux simples citoyens pour s'en réserver les richesses. Les protestations des colons arrivés en Algérie contre la limitation de leurs entreprises par la politique des bureaux arabes depuis de longues années, et plus encore contre la tentative du "Royaume arabe" un moment soutenue par Napoléon III, devaient être un des thèmes majeurs de la propagande de l'opposi- tion assurant que les 'militaires" prenaient toujours le parti de "leurs arabes" contre les Français. La présence en Algérie de nombreux opposants transportés, exerçant leur profession dans les villes, accentuait le retentissement de ces atta- ques.

Si critiquées qu'elles aient pu être, les solutions expérimentées en Algérie servaient cependant d'exemple à ce que les administrateurs du Sénégal essayè- rent alors de faire pour relancer l'activité d'une colonie réduite à la seule traite de la gomme, compromise du reste par les incursions meurtrières des Maures no- mades sur les bords du Sénégal, en quête de butin ou d'esclaves a exporter vers les marchés orientaux. L'abolition de l'esclavage dans toutes les colonies françai- ses avait en 1848 désorganisé l'agriculture traditionnelle ou de type colonial, au reste peu importante, développée depuis le temps de Schmalz. En 1854 le chef de bataillon du génie Faidherbe, qui avait servi en Algérie et à la Guadeloupe arrivait à Saint-Louis du Sénégal. Il quitta ce poste comme général en 1867, n'ayant laissé le pays que deux ans pour aller commander en Algérie corme co- lonel. Il donna le signal d'un véritable démarrage d'une colonisation originale. Certes il maintint ce qu'il avait trouvé, mais il étendit les territoires où la pré- sence française mettait fin à la traite en refoulant El Hadj Omar et en s'assurant la reconnaissance des tribus pacifiques. Rénovant le jardin d'essai, modernisant la ville de Saint-Louis, il lançait en même temps des explorations vers le Niger

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