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tion internationale aux problèmes administratifs et financiers de son pays. L'Es- pagne administrait la zone montagneuse du Rif et les territoires sahariens d'Ifni, simple escale sur la route du Rio de Oro, et la France le reste du pays, où l'auto- rité du sultan était souvent contestée par des mouvements de dissidence essen- tiellement antifiscaux. Le statut international du Maroc prévoyait en outre que tous les pays y trouveraient les mêmes conditions douanières, une taxe uniforme de 12,5% ad valorem frappant toutes les importations autorisées. Cette applica- tion du principe douanier de la "porte ouverte" donnait au protectorat marocain une place originale dans l'ensemble des territoires d'outre-mer administrés par la France dés avant la première guerre mondiale.

Les colonies françaises s'étaient considérablement étendues depuis la dé- faite de 1871, dans des conditions variées, mais ou les initiatives d'explorateurs, le plus souvent militaires, tinrent une place essentielle. Le rôle de Savorgnan de Brazza est particulièrement représentatif de ces actions menées avec des moyens limités. Certes l'enseigne de vaisseau récemment naturalisé devait à ses premiè- res explorations une certaine notoriété scientifique, mais il fallait une audace peu commune pour s'avancer avec une poignée d'hommes dans des régions incon- nues habitées de populations souvent dangereuses, rendues xénophobes par les raids des négriers venus de la côte orientale jusqu'au coeur du continent. L'épi- sode légendaire du sergent de tirailleurs sénégalais Malamine et de ses deux ma- telots, affirmant la présence française sur le Congo en face de la puissante expé- dition de Stanley, reste représentatif des moyens dont disposèrent le plus souvent les pionniers de la présence française en Afrique Noire à la fin du XIXème siè- cle, ainsi que des rivalités internationales qui, ailleurs, limitèrent souvent l'effi- cacité de leur action. Le rôle des réactions de la France devant les empiètements des derniers États esclavagistes de l'intérieur de l'Afrique, cherchant à razzier les populations se plaçant pour leur échapper sous la protection de la France, resta jusqu'au début du XXème siècle un facteur essentiel des progrès de la colonisa- tion. Les campagnes menées pendant des années contre des chefs locaux, pro- mus a l'occasion par la suite au rang de défenseurs de l'indépendance, n'eurent souvent pas d'autre cause, tels les combats des colonnes Galliéni puis Archinard contre Ahmadou puis Samory. La dernière grande opération, contre le dernier État esclavagiste, celui de Rabah autour du lac Kchad, fut menée à bien par la jonction, pour la bataille de Koussouri en 1900, des trois colonnes venues d'Al- gérie, du Sénégal et du Congo, pays également exposés aux raids des chasseurs d'hommes, perpétuant leur activité traditionnelle loin des côtes contrôlées par les Européens.

Ces opérations étaient conduites par` l'armée en recourant aussi bien aux expériences du début du siècle qu'aux conquêtes les plus récentes de la technique d'avant-garde. Le problème du contrôle des vastes territoires sahariens, aux rares points d'eau, parcourus par des rezzous de nomades pillards se trouvait ainsi assuré, à la veille de la première guerre mondiale, par la coopération des unités de méharistes, héritières lointaines du régiment des dromadaires de Bonaparte en

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