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Égypte, et par des avions basés au Sénégal puis au Soudan. Mais si les autorités coloniales de l'Afrique occidentale française avaient donné l'exemple, en attri- buant les crédits nécessaires à l'achat des appareils, leur utilisation fut limitée par suite des réticences de la métropole à voter les sommes indispensables à leur fonctionnement, et à leur entretien. L'action coloniale, poursuivie depuis les dé- buts de la IIIème République, ne rencontrait pas en effet une adhésion unanime. La droite la plus traditionnelle avait toujours manifesté ses réserves en face d'ex- péditions qui, en Asie ou en Afrique, détournaient l'attention, et les moyens, de la "ligne bleue des Vosges", et si la majorité des radicaux soutenait l'idée de la mission civilisatrice de la France, certains socialistes étaient doctrinalement hos- tiles aux entreprises coloniales. Les commentaires qui accompagnèrent la déci- sion d'envoyer dans le Sud Tunisien le 17ème régiment d'infanterie, compromis dans les troubles du midi viticole, montrent assez la persistance de cette opposi- tion en 1907. L'armée ne se contentait pas d'assurer la sécurité sur les pistes et d'ouvrir des routes, elle créait des écoles, amorçait la lutte contre l'analphabé- tisme, contre les épidémies, avec des moyens de fortune, souvent bien inférieurs aux besoins, mais dépassant sans peine le néant laissé par les autorités antérieu- res en ces domaines. Dans ceux de l'équipement des voies de communication, et même de la simple administration des colonies proprement dites ou des protecto- rats, la présence française donnait à l'autorité des dirigeants indigènes une effi- cacité longtemps contestée à quelques jours de marche de leurs capitales.

L'armée française, en raison de la faiblesse des effectifs envoyés aux colo- nies, surtout après l'émotion soulevée par les pertes de l'expédition de Madagas- car en 1896, utilisait au mieux les possibilités locales et négociait à l'occasion des ralliements au pouvoir du souverain qui avait placé son autorité sous la pro- tection de la métropole. Ainsi devait naître au Maroc la politique des grands caïds du sud, le M'tougui, le Goundafi et surtout le Glaoui assurant au sultan une autorité sur un empire chérifien ou subsistaient encore cependant de larges zones de dissidence.

1914-1935

La première guerre mondiale devait poser de réels problèmes aux chefs militaires des colonies et des pays de protectorat. Certes les opérations ennemies furent des plus limitées, réduites en fait au bombardement des ports de la côte algérienne par deux bâtiments de guerre allemands partis dans l'heure chercher refuge en Turquie; mais le sultan de Constantinople, bien que récemment dépos- sédé par les Italiens du littoral de Tripolitaine et de Cyrénaïque, avait encore des partisans actifs dans les oasis de l'intérieur et leurs raids contre les territoires contrôlés par la France ou par l'Angleterre devaient préoccuper à diverses repri- ses les administrateurs européens, comme lorsqu'un rezzou tua à Tamanrasset le missionnaire qui avait été un des explorateurs du Maroc, le père de Foucauld. Les opérations menées par les alliés contre les colonies allemandes devaient se terminer en même temps que celles en Europe, mais ne posèrent jamais de pro-

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