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blèmes sérieux en Afrique. Allemands, Anglais, Belges et Français bénéficièrent d'ailleurs tous du loyalisme de leurs auxiliaires indigènes au cours des opéra- tions. Le point le plus délicat fut probablement le Maroc où les agents allemands encouragèrent les dissidents et ou le général Lyautey parvint, en dépit de diffi- cultés dans le Moyen-Atlas à garder et même à étendre le territoire reconnaissant l'autorité du sultan. L'envoi en Afrique des originaires des départements perdus refusant de servir dans l'année allemande et ayant pu rejoindre la France ne compensait pas numériquement le renvoi dans la métropole de la division maro- caine célèbre dès la bataille de la Marne et freina la réduction des zones dissi- dentes. Par contre, les colonies, tant africaines qu'asiatiques, fournirent à la France non seulement de nombreux soldats, surtout sinon exclusivement des bataillons de tirailleurs, mais aussi des travailleurs, que leur absence de qualifi- cation professionnelle cantonna initialement dans les emplois de manoeuvres. Les uns et les autres ne pouvaient être encadrés avec quelque efficacité que par d'anciens militaires ayant servi outre-mer et ayant une connaissance des diffé- rences, voire des langues, dans ces populations composites. Ces centaines de milliers d'Africains, au sens le plus large du terme, vinrent ainsi en France pen- dant les quatre années de guerre, surtout à partir de 1915. La fin des combats et le retour de la main-d'oeuvre française démobilisée dans les entreprises allait amener le départ vers leurs pays d'origine des indigènes venus en France, posant au reste des problèmes locaux, les expatriés temporaires se trouvant dans une situation différente sur le plan de la vie quotidienne et de leur réinsertion dans leur pays, suivant qu'ils avaient été combattants, ou non, et de ce fait pensionnés ou non. Le souvenir des combats livrés en commun devait en tout cas être un facteur non négligeable de l'influence française dans tous les territoires africains.

En dépit de la brève absence du général Lyautey, quelques mois ministre de la guerre, son action s'était poursuivie au Maroc, qui devait s'affirmer comme l'aboutissement perfectionné de toutes les expériences coloniales de l'année fran- çaise avec en plus les caractères originaux liés au statut de protectorat, en vertu d'un accord international demeuré sans changement sinon le remplacement de l'Allemagne par l'Italie à la commission internationale de Tanger. La politique "de la tache d'huile" poussant progressivement les lignes de postes autour des zones de dissidence amenait leur réduction progressive, ne les laissant subsister que dans les confins sahariens où la reddition des derniers groupes du Djebel Sagho à la colonne Giraud en 1932 marquait l'achèvement de la mission politi- que confiée à la France chargée de faire respecter l'autorité du sultan. L'armée avait également doté le Maroc d'éléments indispensables à un pays en pleine évolution. Anticipant sur bien des réformes ultérieures, le résident général Lyau- tey avait donné à l'empire chérifien des moyens de financement non négligea- bles, d'abord avec le monopole d'état de l'exploitation des phosphates, ensuite par une participation majoritaire dans les entreprises minières. Celles-ci n'étaient d'ailleurs possibles que grâce à l'armée qui assurait la sécurité dans le bled et établissait les cartes topographiques et géologiques indispensables. Le service géographique du protectorat devait beaucoup aux relevés faits par les militaires,

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