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en particulier aux légionnaires ou anciens légionnaires russes, si nombreux au Maroc après l'établissement du régime de Lénine. L'affectation aux services scientifiques des exilés politiques, anciens officiers des armes savantes était du reste une tradition amorcée déjà sous Louis-Philippe avec les émigrés polonais de 1831 versés dans les services des Ponts et Chaussées de tant de départements. L'équipement du Maroc se faisait également, comme l'avaient été ceux de l'Algé- rie puis de la Tunisie et des pays d'Afrique Noire, sur le double plan routier et ferroviaire. Le remplacement des pistes par des routes empierrées puis goudron- nées, la construction de ponts remplaçant les lacs ou même les gués traditionnels avaient précédé les premières voies ferrées. La chance du Maroc fut, en raison des considérations internationales, d'échapper au problème des voies étroites. Certes les premières lignes utilisaient simplement les petits engins à voie de Om60, les "Decauville" devenus inutiles avec la fin des opérations en France, mais les voies de lm44 arrivèrent ensuite, reliant Casablanca à Rabat, puis Fez et Tanger avant d'être prolongées vers Marrackech d'une part, puis vers Taza, Tlemcen et Oran. Une ligne reliant les mines de phosphates à la côte, permettant la commercialisation de la ressource naturelle la plus importante et les premiers travaux d'aménagement de l'Ours er Rebia annonçaient les débuts de l'électricité hydraulique en Afrique du Nord, le courant ayant été jusqu'alors fourni par les centrales thermiques. La France organisait également une armée marocaine, à base d'infanterie et de cavalerie comme l'était encore l'armée française, pré- voyant même la formation spécifique des cadres indigènes avec l'ouverture d'une école d'élèves officiers à Meknès, au programme calqué directement sur celui de Saint-Cyr. Parallèlement aux traditionnelles écoles coraniques se multipliaient les écoles modernes indigènes et les établissements européens étaient largement ouverts aux élèves indigènes. Les plans d'études s'inspiraient évidemment de ceux de la métropole, mais se gardaient de les copier, et tous les élèves instruits au Maroc, quel que fût l'instituteur, francophone, berbérophone ou arabophone, avaient la même carte du Maroc avec indication des villes, des tribus, des mon- tagnes et des fleuves. Les élèves des lycées français connaissaient aussi bien les régimes politiques de la métropole que les dynasties marocaines par un effort réel de coopération dans la formation des futurs cadres locaux. Le Maroc se trouva même bénéficier de fournitures allemandes au titre des réparations, comme lorsqu'une entreprise de Duisbourg vint installer les premières grues électriques au port de Casablanca.

Cet essor ne fut pas compromis par les incidents de la guerre du Rif qui al- laient amener la France à un effort militaire non négligeable. Les Espagnols n'avaient pas eu une réussite comparable a celle de la France dans leur zone, et les difficultés des garnisons des présides traditionnels du littoral continuaient, grossies encore par l'émulation des tribus obtenant à l'occasion des victoires spectaculaires comme celle d'Anoual ou les Riffains parvinrent à s'emparer de canons bien que n'en ayant pas jusqu'alors; et des déserteurs de la légion étran- gère survinrent à point nommé pour leur permettre de les utiliser. L'agitation des tribus s'étendit à toute la zone espagnole puis déborda. Elle submergea les petits

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