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raux. Une ligne, survolant le Tanezrouft par Bidon V aboutissait à Gao et Nia- mey. Une autre passait par le Hoggar et Tamanrasset pour aboutir à Zinder; la dernière route enfin descendait de Tunis vers Fort Lamy, les hydravions utilisant les plans d'eau du Sénégal, du Niger et du Tchad assurant pour leur part un cer- tain contrôle des incursions nomades, plus difficilement contrôlables cependant dans la savane que dans les dunes.

Les problèmes proprement militaires de l'établissement et du maintien de la sécurité dans les pays contrôlés militairement par la France ne dispensaient pas celle-ci d'assurer, dans la mesure de ses moyens et selon les structures socia- les existantes, les indispensables travaux d'équipement et de scolarisation per- mettant de mettre fin au sous-développement économique et social des pays en cause. Les formules audacieuses du maréchal Lyautey, assignant à ses officiers des affaires indigènes la responsabilité d'une pacification reposant sur une large association des adversaires de la veille aux travaux pacifiques du lendemain, supposaient sur la création de nouveaux marchés, de routes à l'abri du brigan- dage, de dispensaires ou d'écoles qui se multiplièrent non seulement dans tout l'empire chérifien mais, selon son exemple dans bien d'autres pays d'outre-mer. Le rôle des officiers du génie dans les premiers travaux publics coloniaux fut constant, d'autant plus important qu'il était neuf. Celui des médecins militaires fut tout aussi déterminant dans les premiers pas de la médecine tropicale et dans les premières mesures systématiques de lutte contre les maladies développées par les conditions naturelles et humaines, du paludisme à la maladie du sommeil, à la lèpre ou aux ophtalmies infantiles entraînant d'innombrables cas de cécité. Les militaires avaient aussi créé les premières écoles à l'usage des indigènes dé- sirant se rapprocher de la civilisation apportée par les nouveaux venus.

Les discussions sur le rôle des écoles dans la propagation des idées de la France de la IIIème République, la période ou les colonies et les protectorats atteignirent leur plus grande importance, restent des plus animées. La responsa- bilité des conquérants apportant dans les pays qu'ils contrôlaient les idées de nationalisme et de droit des peuples, qui allaient remettre en cause leur présence dans le cadre de nouvelles interprétations, conserve encore un caractère d'actua- lité. La formule de Pierre de Coubertin semble en tous cas demeurer pleinement valable pour la période qui marqua le milieu de l'entre-deux-guerres:

"Depuis le jour ou Jules Ferry reprenant avec un coup d'oeil et un courage admirables l'entreprise de Colbert donna à l'effort colonisateur l'impulsion décisive, cet effort ne s'est plus ralenti. Il a suivi un cours régulier, lent mais sûr. Son meilleur agent a été le soldat français, tour à tour combattant et pionnier, explorateur, ingénieur, maître d'école, voire même archéolo- gue."

L'action de l'armée française dans les colonies africaines fut déterminante tant pour la conquête que pour les débuts de ce long effort faisant s'amorcer

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