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l'évolution des populations indigènes sortant d'un sous-développement millé- naire. Le maintien de l'ordre public, la protection des populations ralliées contre les menaces de l'extérieur et contre l'insécurité endémique interne, sur les pistes comme dans les villes, étaient autant de conditions préalables à tout effort de modernisation. Les travaux d'exploration, de cartographie, de prospection géolo- gique ou minière tout comme les premiers efforts de mise en valeur des zones marécageuses ou d'irrigation moderne des secteurs arides furent le plus souvent amorcés à l'instigation des officiers arrivés les premiers pour se trouver confron- tés à ces problèmes. Ce furent les militaires qui entreprirent les premiers travaux d'équipement, qu'il s'agit des travaux portuaires ou des routes carrossables. Les grands travaux comme ceux de Casablanca ou de Dakar étaient héritiers des wharfs permettant de faire franchir la redoutable barre du littoral atlantique ou même des premières plages aménagées. Si onéreuse qu'ait pu être localement leur édification, les routes, pistes ou chaussées empierrées puis goudronnées, les voies ferrées, facilitaient les relations économiques, allégeaient la peine des hommes et augmentaient leurs capacités de production et de ravitaillement. Et on trouve presque toujours à l'origine des travaux l'action des militaires amorçant dès le lendemain de leur arrivée les premiers ouvrages facilitant l'existence de la garnison et de la population qui venait, dans un mouvement très révélateur, se regrouper autour d'elle, en quête de sécurité et d'un travail mieux rétribué qu'an- térieurement. Dès les premières années, des militaires avaient envisagé un éta- blissement personnel après leur temps de service, que celui-ci fut ou non au-delà de la durée légale, dans les régions où ils allaient ainsi former aussi bien une partie importante du futur encadrement administratif civil des colonies que les cadres de la présence française dans l'intérieur, qu'il s'agît des agriculteurs des fermes expérimentales ou des modestes tenanciers de cantines sur les pistes s'en- gageant jusqu'au coeur des zones d'une sécurité encore incertaine comme dans le Moyen Atlas, ou les oasis sahariennes. Dès leur arrivée, les médecins militaires avaient amorcé la lutte contre les maladies épidémiques et leur succès devait être un facteur essentiel de la poussée démographique posant tant de problèmes aux colonies puis aux Etats successeurs.

Le rôle de l'armée française devait subsister encore après la fin de la colo- nisation. Partout, les frontières des nouveaux Etats conservèrent celles des colo- nies tracées au hasard des opérations et des conventions entre puissances colo- niales, si l'on excepte la reconstitution de l'unité marocaine, celles du Togo ou du Cameroun s'étant inscrites dans ces mêmes limites indifférentes aux divisions ethniques pré-coloniales antérieures au traité de Berlin. Bien plus, la constitution des unités de tirailleurs indigènes regroupant dans les mêmes bataillons les ori- ginaires des diverses populations ainsi réunies par une décision européenne, a contribué plus que tout autre élément à créer la structure ethnique des Etats suc- cesseurs; et les gradés de ces unités ont souvent fourni non seulement les cadres des futures armées des nouveaux Etats mais leur haut personnel dirigeant, voire les chefs d'Etat.

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