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Denise Helly, Idéologie et ethnicité. Les chinois macao à Cuba (1979)103

peintres

1

2

2

relieurs

1

vanniers

1

vendeurs ambulants

2

3

18%

24%

41%

non classés

2

3

100%

100%

100

La dextérité des Chinois et les bas salaires stipulés par leurs contrats leur valurent encore d'être engagés par des fabricants de cigares et cigarettes. Ce travail avait longtemps été l'apanage de travailleurs blancs, que les colons asiatiques déplacèrent vers d'autres activités. Le spectacle de centaines de Chinois assis à de larges tables, empaquetant des piles de cigarettes fut commun à Cuba. L'agilité, la patience et le soin apportés par les Chinois à la manipulation d'une marchandise aussi délicate que le tabac leur gagna la confiance des fabricants qui voyaient le prix de leur main-d’œuvre atteindre des taux très bas. Encore une fois, les voyageurs s'étonnèrent de cette image des coolies 228 :

On nous introduisit dans une longue salle comprenant d'immenses tables disposées parallèlement, sur lesquelles 100 travailleurs chinois environ comptaient les cigarettes déjà roulées et les enveloppaient dans des rubans de papier imprimé par groupes de 26. Beaucoup de pratique et de dextérité sont nécessaires pour accomplir cette opération à la vitesse requise. Les Chinois – dans cet établissement ils sont mille à travailler – sont néanmoins experts, patients et laborieux comme des bêtes de charge. Mais entre les fils de l'Empire céleste, il y en a un qui se détache des autres pour sa grande habileté. Devant lui on trouve plusieurs piles de cigarettes en désordre et des rubans de papier collant... Il introduit les premières cigarettes et peut savoir au toucher quand il atteint le nombre de 26...

Ce voyageur ingénu ou malveillant oubliait les mauvais traitements auxquels étaient soumis les coolies qui n'accomplissaient pas assez de besogne quotidienne. L'un de ceux-ci rappela qu'il devait rouler 1 500 cigarettes par jour, sous peine d'être battu.

Sur les activités des coolies domestiques les voyageurs de l'époque furent loquaces. Ils ne visitaient le plus souvent que les villes principales de l'île, où les engagés leur apportaient une image exotique et frappante. Quel spectacle étonnant pour un Européen récemment débarqué à La Havane que d'être servi par un valet de chambre chinois 229 :

Mon ami et valet de chambre était un garçon chinois, intelligent et cultivé, que j'appelais toujours chino et qui, voyant mon désir de m'initier aux langues, mit une grande peine à m'apprendre le dialecte chow-chow que [...] je dois confesser, j'appris mal ; néanmoins nous devînmes rapidement amis, grâce à divers objets qui circulaient entre nous deux, telles mes bottes toujours astiquées merveilleusement,

228 W. Goodman, Un artista en Cuba, p. 263.

229 S. Hazard, Cuba with Pen and Pencil, p. 273-274.

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