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Denise Helly, Idéologie et ethnicité. Les chinois macao à Cuba (1979)104

et ce morceau de glace que j'étais assuré de trouver tard dans la nuit, afin de refroidir mon aguardiente. Tout étranger dans l'île, dans les années 1860 s'émerveilla des mets préparés par des cuisiniers chinois dans les grandes maisons coloniales des planteurs. L'Italien Gallenga leur attribua l'adjectif de "magnifiques cuisiniers" 230.

Le nombre des engagés ayant accompli leurs contrats comme domestiques peut être estimé à environ 5 % du total de la population chinoise résidant dans l'île de 1860 à 1870, alors que 20 % servirent dans le secteur dit secondaire, construction, voies ferrées et transport, déchargement des navires 231. Mais comme le laissaient entendre les premières pages de ce travail, la plupart des travailleurs chinois sous contrat connurent le milieu physique et social des plantations mécanisées de Cuba.

2.L'habitation

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Une description détaillée d'une des plus grandes unités mécanisées de l'île a été réalisée par un auteur cubain 232. L'habitation San Martín se trouvait à huit kilomètres au nord de la ville de Colón, une voie ferrée la reliait au port de Cárdenas où sa production de sucre était embarquée. Cette plantation se trouvait au cœur des riches plaines de Banaguises, où le plus grand nombre des usines mécanisées s'érigèrent durant la décennie 1860. Les travaux commencèrent en 1851 et furent terminés en 1854. Cette année-là, une première récolte donna 15 000 caisses de sucre soit 3 000 tonnes environ. En 1860 cette usine devint la première unité productrice de l'île et comptait 348 coolies chinois. Aucune meilleure illustration des complexes industriels que les colons asiatiques connurent à Cuba ne peut être donnée. Toutes les techniques européennes y étaient utilisées.

Les bâtiments de l'usine San Martín se trouvaient situés dans un quadrilatère de 550 varas de côté (466,40 m). Ils entouraient un grand espace central, l'aire ou batey, de forme approximativement rectangulaire. L'usine était construite suivant la direction nord-sud, la voie ferrée en constituant l'axe principal. Les bâtiments du moulin et la sucrerie étaient orientés nord-ouest [...]. On peut noter que toutes les bâtisses d'où pouvaient provenir quelque bruit, odeur ou fumée étaient orientées vers l'ouest, sous le vent [...]. Le baraquement, ou logement des esclaves, était situé à l'ouest. Évidemment il était considéré comme un établissement insalubre. D'autre part, la localisation du baraquement près du moulin et de la sucrerie est logique si c'est dans ces bâtiments que les esclaves allaient travailler dans leur majorité. Au sud du baraquement se trouvait la maison du contremaître...

230 A. Galienga, The Pearl of the Antilles, p. 126.

231 Archivo nacional de Cuba, Comisión general de colonización, Padrón general de colonos asiáticos, 1872, publié en partie dans le Boletín de Colonización, 30 juin 1873, 15 octobre 1873.

232 J. M. González Jiménez, "El ingenio San Martín", tiré à part de la Revista de la Biblioteca nacional José Martí, año 58, n° 1, La Havane, 1967.

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