X hits on this document

639 views

0 shares

0 downloads

0 comments

111 / 240

Denise Helly, Idéologie et ethnicité. Les chinois macao à Cuba (1979)111

de la maison où avait coutume de dormir l'Asiatique Eucario, engagé par la ci-dessus entreprise, se trouvait ledit Asiatique enfermé de l'intérieur...

Cet engagé disposait d'une pièce personnelle proche de l'atelier où il travaillait. Les colons artisans purent peut-être jouir d'une plus grande liberté de mouvement que les colons des plantations, qui, surveillés le jour dans leurs tâches, étaient enfermés durant la nuit. Sur les plantations, le rythme de vie et de travail des colons et des esclaves rendait leur isolement du monde extérieur plus grand encore. Durant le jour, les temps morts n'existaient pas.

4.Rythmes de travail

Retour à la table des matières

L'année se divisait en deux périodes, la récolte (novembre-mars) et la morte-saison (mars-octobre). La zafra (récolte) était synonyme de travail intensif. Durant quatre mois, esclaves et colons travaillaient de 18 à 20 heures par jour. Les Chinois affectés à la cuisson du vesou et à la purge du sucre durent suivre le rythme des moulins à vapeur. Dans les champs leurs journées de travail furent les mêmes que celles des esclaves. Les contrats stipulaient neuf heures de travail quotidien mais les exigences de la plantation rendirent ces textes caducs. Feijóo de Sotomayor précisait 248 :

Il est certainement une source d'orgueil pour le caractère espagnol de voir son gouvernement si préoccupé de prévenir et d'éviter un excès de travail pour une race d'hommes étranges [...] ; mais cette belle pensée de fixer des horaires de travail pour les Chinois me paraît difficile à appliquer. Les entreprises agricoles dans lesquelles le besoin de main-d’œuvre est le plus pressant sont les plantations sucrières. Les travaux y sont continus et irréguliers à la fois. La crainte des pluies soudaines oblige parfois à des heures extraordinaires à concentrer en un point tous les efforts de la main-d’œuvre, et lors d'une année comme la présente où la période sèche fut courte, ne permit qu'un arrêt court des travaux afin de profiter de cette saison [...]. Il serait possible d'obliger les planteurs à supprimer des grands moments de labeur mais les propriétaires devraient se contenter d'une production moindre ; cependant le gouvernement de Sa Majesté ne prendra pas de telles mesures si elle comprend, ce que je juge un fait évident, que c'est seulement en exploitant la main-d'œuvre avec beaucoup de soin et d'assiduité que nous pourrons obtenir des profits moyens des capitaux investis, et non d'une autre manière. Seulement de cette façon, nous pourrons entrer en concurrence avec les produits étrangers...

Les colons remplirent souvent des journées de quinze heures, aucune différence ne fut faite entre eux et les esclaves comme s'en indigna James O'Kelly 249 :

248 U. Feijóo de Sotomayor, Inmigración de trabajadores españoles, documentos y memoria escrita sobre esta materia, p. 83-84.

249 J. O'Kelly, La tierra del Mambí, p. 103.

Document info
Document views639
Page views639
Page last viewedFri Dec 09 18:14:57 UTC 2016
Pages240
Paragraphs3347
Words101954

Comments