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Denise Helly, Idéologie et ethnicité. Les chinois macao à Cuba (1979)117

Lorsque les planteurs sont soucieux de la bonne condition de leurs esclaves, l'alimentation de ceux-ci consiste chaque jour en une demi-livre de viande séchée importée de Buenos-Aires ou de Tampico.

Cette ration est, dans certaines plantations de l'intérieur de l'île, comme autour des villes de Trinidad et de Sancti-Spiritu (zones d'élevage), fréquemment remplacée par de la viande fraîche.

Dans les habitations des provinces de La Havane et de Matanzas, il est, par contre, rare que la viande fraîche soit distribuée. En sus de cette portion de viande, les esclaves reçoivent quotidiennement des bananes, des ignames ou des patates douces à volonté, une demi-livre de riz et douze onces de farine de maïs [...]. Quant aux Chinois, ils reçoivent parfois une portion plus grande de riz, celle-ci pouvant s'élever à une livre par jour.

Des témoignages de colons se réfèrent au manque de nourriture 266 :

Notre nourriture se composait chaque jour uniquement de maïs et de bananes. Nos gages n'étaient que de $4 par mois, en papier, ce qui ne faisait même pas $2 en Chine, et ne nous suffisaient pas pour nous procurer les suppléments de nourriture [...] dont nous avions besoin.

Certains engagés des unités mécanisées connurent des conditions spéciales, leurs salaires leur étant versés sous forme de bons d'achat.

Mon maître ne me donnait pas la nourriture ; il me remettait des bons pour des marchandises à recevoir au magasin de la plantation où on les considérait comme de l'argent, leur montant était mis à mon débit, et de cette façon ce que je gagnai pendant mes huit années me fut retenu en entier 267.

Les Chinois devaient consommer les produits créoles coutumiers. La pratique de distribuer des rations alimentaires non préparées semble avoir été générale dans l'île. Don Urbano Feijóo de Sotomayor, préoccupé du sort de ses travailleurs expliqua 268 :

Le seul aliment que les Chinois considèrent avec prédilection est le riz. Il est facile de leur donner des rations de cette céréale, et dix à onze onces par jour constituent une nourriture abondante pour quiconque, lorsque y sont ajoutés les condiments et la viande salée ou séchée. J'ai pris l'habitude de leur donner du riz fréquemment et j'ai toujours préféré le leur distribuer cru ; en effet, ils aiment le préparer à leur façon...

Aux denrées distribuées par les patrons, venaient s'ajouter les produits des jardins. Des lopins de terre furent octroyés aux colons comme aux esclaves mais certains les refusèrent.

266 Chinese Emigration, p. 117.

267 Chinese Emigration, p. 117.

268 U. Feijóo de Sotomayor, Inmigración de trabajadores españoles, documentos y memoria escrita sobre esta materia, p. 98.

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