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Denise Helly, Idéologie et ethnicité. Les chinois macao à Cuba (1979)12

I

Immigration chinoise

et crise de l'esclavage

1

La perle des Antilles

1. Le pacte colonial espagnol : 1511-1795

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La thèse "métalliste" prônée par l'Espagne lorsque ses flottes découvrirent les côtes américaines voulait que le pays le plus riche fut celui qui possédât le plus de métaux précieux dans ses caisses. La métropole espagnole s'intéressa aux mines d'or et d'argent des nouveaux territoires conquis et négligea toute autre matière première utile au développement de son industrie. Madrid suivait encore ce précepte économique au XVIIIe siècle. Les manufactures castillanes et andalouses ne purent rivaliser avec leurs homologues françaises, hollandaises ou anglaises qui profitaient d'un pacte colonial entendu autrement : le pays le plus riche se définissait comme celui qui vendait plus qu'il n'achetait à ses concurrents. Il s'agissait de retirer des bénéfices de la commercialisation des produits obtenus dans les colonies. L'Espagne s'étant intéressée exclusivement aux bénéfices miniers ne put voir sa bourgeoisie naissante se consolider et s'enrichir. D'une part, l'afflux de métaux précieux engendra des hausses de prix et de salaires qui, se cumulant, rendirent les produits castillans non compétitifs sur le marché européen, d'autre part, la seule valeur stable restant la terre, les banquiers enrichis par le commerce colonial achetèrent des domaines et les anciens seigneurs féodaux se transformèrent en grands propriétaires terriens. Des dépenses improductives (guerres européennes, administration, entretien des fonctionnaires coloniaux)

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