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Denise Helly, Idéologie et ethnicité. Les chinois macao à Cuba (1979)123

2.Les usages vestimentaires

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Imberbes, leurs longs cheveux noirs noués dans le cou, vêtus d'amples blouses et de pantalons bouffants, ils ressemblaient à des femmes 295.

Le costume des paysans cantonais fit l'amusement des Créoles mais après quelques mois dans l'île il faisait place aux tenues distribuées par les patrons. Comme les esclaves, les engagés recevaient deux fois par an un pantalon qui ne descendait pas au-dessous des genoux, une chemise de coton, une jaquette de laine et un bonnet 296. Une couverture de laine était ajoutée dans certaines plantations. La tenue des femmes différait ; elle consistait en une pièce de sac de jute qu'elles ajustaient autour du corps. Certains planteurs distribuaient jupes et chemises de coton. Maints voyageurs se scandalisèrent de la laideur et de l'indécence de ces vêtements 297 :

Quelques-unes des femmes étaient enveloppées dans de vieux châles, ou dans un morceau de couverture en lambeaux, d'autres s'emmitouflaient dans toutes sortes de guenilles indescriptibles...

Les enfants allaient nus. Colons et esclaves devaient se contenter de ces tenues de travail. Ils les complétaient d'objets qu'ils fabriquaient. Les femmes esclaves affectées à la surveillance des malades et des nouveaux-nés, avaient coutume de confectionner des vêtements. Esclaves et colons coupaient les cuirs de bœufs tués dans la plantation afin de se chausser.

Les vieux utilisaient des socques, qui se composaient d'une semelle plane et d'un cordon qui se fixait autour du gros orteil. Çà, ça a été toujours une coutume africaine, même si maintenant les Blanches les portent et les appellent des pantoufles 298.

Les dessins de l'époque représentent les Chinois revêtus d'amples chemises et pantalons de toile, socques aux pieds et portant des chapeaux coniques de feuilles de palme séchées d'où dépassaient parfois de longues nattes. Aucun voyageur ne décrivit les colons revêtus d'habits colorés, alors que les tenues des esclaves les dimanches et jours de fête frappèrent leurs esprits 299 :

M.C. me disait que les jours de fête, on se croirait au bal masqué dans la cour de la plantation : chapeaux à plumes, rubans de soie, colliers de verre, châles et robes de

295 E. Ripley Moore MacHatton, From Flag to Flag, a Woman's Adventures and Experiences in the South during the War, in Mexico and in Cuba, p. 170.

296 Esquifación en espagnol.

297 W. M. L. Jay, My Winter in Cuba, p. 230.

298 M. Barnet, Biografía de un cimarrón, p. 23.

299 E. Duvergier de Hauranne, "Cuba et les Antilles", Revue des Deux Mondes, n° 65, 1866, p. 640.

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