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Denise Helly, Idéologie et ethnicité. Les chinois macao à Cuba (1979)142

se grouper en équipes de dix hommes désignant leur chef. Cette institution des ranchos créée afin de faire peser sur des engagés la responsabilité de la discipline dans les baraques et à bord des navires, facilita les regroupements suivant les origines. De plus, ces ranchos faisaient l'objet de transfert au marché du Cerro ; dix émigrés de Zhōng shān pouvaient ainsi se trouver regroupés sur une plantation créole.

La première association chinoise fut le "Kit-Yi-Tong" ou "Yat-Yi-Tong", selon son appellation cantonaise, dite encore "l'Union" 366. Fondée en 1867 par quatre colons cantonais, elle réunit les "Punti" résidant dans la capitale de l'île. Quelques mois après, des engagés "Hakka" se regroupèrent en une autre société, "Yi-Seng-Tong", ou "Gui Sen Tong", en cantonais, dénommée la "Seconde Alliance" 367. Une troisième société fut créée afin de combattre ces particularismes et de réunir tous les sujets chinois, l'association "Hen-Ti-Yong" apparue en 1868. Elle porta le nom d' "Union des Frères" ou "les Frères" 368.

Ces trois regroupements chinois furent des fraternités secrètes. Aucun règlement interne de l'un d'eux n'a pu être retrouvé ; on sait seulement par les témoignages de fils de colons qu'une totale égalité régnait entre les membres à leur fondation, qui fut le fait de Chinois arrivés entre 1847 et 1852 et rapidement libérés du système de travail sous contrat à la suite de la courte récession des années 1857-1860. Devenus petits commerçants et artisans dans la capitale, ils mirent sur pied ces associations grâce à leurs fonds. Alors que les deux premières sociétés mettaient en avant les particularismes qui divisaient les colons, la troisième, dernière fondée, sembla insister sur l'union nécessaire des Chinois libres de tout contrat et des engagés. Ces trois regroupements étaient liés aux sociétés secrètes de la Chine du sud, de la province du Guangdong particulièrement. Un fils de colon écrivit 369 :

Les premières sociétés fraternelles chinoises créées à La Havane se rapprochaient, par la transmission de leur rituel et de leurs symboles, des groupes chinois similaires qui existaient dans les provinces méridionales de Canton, Kouangsi et Fukien (soit Guangdong, Guangxi et Fujian) et destinés principalement à combattre la dynastie mandchoue, afin de restaurer une dynastie nationale (chinoise). À leurs origines, à La Havane, ces mêmes groupes eurent, pour des raisons évidentes, à se préoccuper de manière urgente d'un problème immédiat, celui de donner des moyens de subsistance aux hommes qui étaient décidés à ne pas souffrir sans fin l'oppression du système de travail sous contrat, leur chercher du travail, leur procurer un soutien furent leur mission capitale.

366 Les phonétisations diffèrent suivant les auteurs qui rapportent l'existence des sociétés chinoises à Cuba. Aucune transcription en mandarin n'a pu être trouvée.

367 Transcription possible en mandarin Yi Shang Táng.

368 Transcription possible en mandarin Kĕn Yi Táng.

369 J. L. Martin, De donde vinieron los Chinos, Jaca, Joló y los amoyanos en la vida cubana, p. 16.

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